Première exportatrice nette de capitaux en 2015, la Chine a dépassé le volume des investissements à l’étranger ayant pour la première fois dépassé le volume des investissements étrangers en Chine.

Les investissements chinois à l’étranger ont augmenté de 18,3% pour atteindre en 2015 le niveau record de 145 milliards de dollars (127,6 milliards d’euros), dépassant les 135,6 milliards de dollars  (119,3 milliards d’euros) d’investissements étrangers enregistrés en Chine, a indiqué le ministère du commerce.

Cette étape est le résultat « du renforcement généralisé de la puissance nationale » et de la politique du gouvernement visant à encourager les entreprises à investir à l’étranger. En pleine transition économique, Beijing tente de recentrer son modèle sur la consommation intérieure et le services, mais également les investissements intérieurs et extérieurs, afin d’exporter son savoir-faire et ses technologies.

Cette politique économique tente également de pallier les ralentisseurs économiques tels que les  surcapacités de production, la faiblesse de la demande intérieure, et la consommation croissante de ressources énergétiques et de matières premières.

Les entreprises chinoises « doivent recourir aux ressources et aux marchés étrangers pour se transformer et se moderniser« , a expliqué le ministère.

Les investissements directs du pays à l’étranger ont triplé entre 2010 et 2015 et devraient encore doubler à nouveau d’ici à 2020, atteignant 1’000 milliards de dollars  (880 milliards d’euros) sur les cinq prochaines années, d’après le gouvernement.

Par exemple, en Suisse, après le rachat de Syngenta par ChemChina cette année, des investisseurs chinois rachètent de nombreuses petites sociétés suisses.  D’ailleurs, au 1er semestre, le volume de transaction a atteint 45,8 milliards de dollars (40,3 milliards d’euros) (dont 44 milliards pour Syngenta), contre 40 milliards pour l’ensemble de l’année 2015.

Pour Ronald Sauser, spécialiste des fusions et acquisitions (M&A) chez EY, « tout le monde sait maintenant que les groupes venus de Chine disposent de liquidités abondantes ». Ce dernier a expliqué sur le site d’information suisse, bilan.ch, que les acquisitions de la Chine en Europe s’accélère dans l’Union européenne, et notamment en Suisse.

D’ailleurs, les investisseurs chinois sont très appréciés, car « il n’est pas dans les projets des investisseurs chinois de changer la manière de faire chez les entreprises helvétiques acquises », a indiqué Yafei Zhang, avocat chez Picot Associés à Genève. « Les Chinois passent en effet pour être peu interventionnistes. Une fois propriétaires, ceux-ci n’ont pas pour objectif de réduire les coûts de fonctionnement en établissant des synergies, contrairement aux Américains », a indiqué Bilan.ch.