La tension monte en mer de Chine, où Beijing a annoncé avoir « chassé » un navire américain entré illégalement dans ses eaux, près des îles Paracel.

Mer de Chine

L’USS Benfold a pénétré dans les eaux des Paracel sans autorisation de la Chine, violant gravement la souveraineté de la Chine et menaçant la stabilité de la mer de Chine méridionale, a déclaré dans un communiqué un commandement de l’Armée populaire de libération.

« Nous exhortons les Etats-Unis à cesser immédiatement de telles actions provocatrices », a-t-il ajouté. Selon l’agence de presse Reuters, aucun commentaire n’a été fait dans l’immédiat par l’US Navy.

Les Paracel font partie des centaines d’îlots, de récifs et d’atolls en mer de Chine méridionale revendiqués à la fois par le Vietnam, Taiwan, le sultanat de Brunei, la Malaisie et les Philippines.

Cette intrusion intervient à l’occasion de la date anniversaire de la décision de la Cour Permanente d’Arbitrage CPA) selon laquelle la Chine ne peut revendiquer une souveraineté historique en mer de Chine méridionale.

En effet, le 12 juillet 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a estimé que la Chine n’avait aucun droit historique sur la mer de Chine méridionale.

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Cette dernière a également jugé que la Chine avait nuit aux droits de pêche des Philippines à Scarborough Shoal et enfreint ses droits souverains en menant des travaux d’exploration pétrolière et gazière près de Reed Bank.

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Cette incursion américaine intervient deux jours après la tribune parue le 10 juillet dans le quotidien Korea Times dénonçant «la diabolisation de la Chine par les Etats-Unis», et affirmant qu’il pourrait s’agir d’une « monumentale erreur stratégique ».

« Les revendications de la Chine en mer de Chine méridionale sont-elles pratiquement toutes totalement invalides ? La Chine est-elle invariablement toujours en tort ? », s’est interrogé Tom Plate, auteur de la tribune et professeur à l’université Loyola Marymount en Californie.

« Cette mentalité américaine morbide à l’égard de la Chine, un pays et une civilisation historiques qui, en toute équité, méritent au moins autant de respect que de vigilance, a le potentiel de devenir une monumentale erreur stratégique », a indiqué Tom Plate.

Or de son côté, Sergey Tolstov, expert à l’Institut d’histoire mondiale de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, a publié un article soulignant le rôle du droit international et l’importance du verdict de la Cour permanente d’arbitrage (CPA) relatif au règlement des différends en Mer Orientale.

L’article a été publié sur le site d’information Porady à l’occasion du cinquième anniversaire de la décision rendue le 12 juillet 2016 par la Cour permanente d’arbitrage (CPA) de La Haye sur le contentieux maritime entre la Chine et les Philippines.

Pour l’universitaire, la CPA a rendu une décision claire sur la revendication déraisonnable de la Chine sur une vaste zone de la Mer Orientale, internationalement appelée mer de Chine méridionale.

La Cour permanente d’arbitrage (CPA) a estimé que la Chine n’avait pas de «droits historiques» sur la majorité des eaux stratégiques de la mer de Chine méridionale. La CPA avait précisé qu’il n’existe «aucune preuve que la Chine a, historiquement, exercé un contrôle exclusif sur les eaux et leurs ressources».

Raison pour laquelle, «le Tribunal juge qu’il n’y a aucun fondement juridique pour que la Chine revendique des droits historiques sur des ressources dans les zones maritimes à l’intérieur de la ligne en neuf traits».

Relayé par le site Vietnam+, l’article de l’expert ukrainien a indiqué que concernant le rôle du droit international dans le règlement des différends en Mer Orientale, toutes les pays concernés sont responsables dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982.

Ce dernier s’est dit préoccupé par les actions arbitraires qui ne respectent pas le droit international et provoquent des troubles de la sécurité dans la région. «Les demandeurs doivent se conformer volontairement à la décision de la CNUDM et de la CPA», a ajouté l’expert ukrainien, affirmant que dans le contexte actuel, ils peuvent œuvrer à la signature du Code de conduite en Mer Orientale (COC), défendant la liberté de navigation.