Arrivé en Chine, le 24 avril, Nicolas Sarkozy s’est rendu dans l’ancienne capitale impériale de Xi’an, afin d’y visiter le tombeau du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. Lieu symbolique et représentatif de la Chine, la visite du président français l’est d’autant plus après des mois de tensions entre les deux pays.

Quelques heures plus tard, il a été reçu par le président chinois, Hu Jintao, au Palais du Peuple, place Tian An Men, afin d’échanger autour de la coopération sino-française. Cette visite très attendue s’inscrit sous l’égide de la crise économique et financière internationale et des résultats records de la Chine au cours du premier trimestre : hausse de 11,9% de la croissance chinoise, par rapport à 2009.

« Une nouvelle page » dans les relations bilatérales

Durant trois jours, Nicolas Sarkozy a tenté d' »enterrer le passé« . En effet, après deux années de brouille, le chef de l’État français doit faire oublier son positionnement flou lors des Jeux olympiques de 2008 et ses déclarations jugées excessives par les dirigeants chinois.

Les présidents Hu Jintao et Nicolas Sarkozy

Les présidents Hu Jintao et Nicolas Sarkozy

Tout à débuté, lors du passage chaotique de la flamme olympique à Paris au printemps 2008, la tension est montée d’un cran lorsque le Président français a décidé de rencontrer le Dalaï Lama en Pologne en décembre 2008. A cette situation, se sont ajoutés plusieurs sujets de discordes tels que les positions de la France sur le Tibet,  lors des émeutes du Xinjiang et vis-à-vis des statuettes Bergé.

Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec Hu Jintao sur le renforcement du « partenariat stratégique global Chine-France », mais également sur les conséquences de la crise économique et financière, sans oublier le dossier du nucléaire iranien, a précisé Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, à l’Agence France Presse.

Cette rencontre s’est conclue par une conférence de presse commune, durant laquelle Hu Jintao a indiqué que les tensions entre les deux pays étaient désormais du passé, et qu’aujourd’hui l’objectif est de « réfléchir dans le cadre de la préparation du G20 à un nouvel ordre monétaire multipolaire« , a précisé N. Sarkozy.

La presse chinoise, dont le quotidien officiel China Daily, a positivé la venue de Nicolas Sarkozy, indiqué que « la visite de trois jours du président français Nicolas Sarkozy montre comment chaque côté a enterré le passé. Elle pourrait être vue comme une annonce officielle de retour à la normale de la relation Chine-France ».

Hu Jintao a d’ailleurs ajouté que « la visite du président Sarkozy en Chine a ouvert une nouvelle page dans les relations sino-françaises. Nous sommes déterminés à construire un partenariat global stratégique avec la France, qui soit durable, sain, stable et tourné vers le monde ».

La Chine, un enjeu majeur pour la France

« J’ai fait du renforcement du partenariat franco-chinois une priorité de notre politique étrangère » a déclaré Nicolas Sarkozy mercredi 25 avril dans une interview accordée à l’agence de presse, Xinhua. De nombreux indicateurs ont amené le chef de l’État français a rencontré Hu Jintao et à choyer les relations sino-françaises.

En effet, la Chine est la seconde puissance économique internationale, sa croissance était en hausse de 11,9% entre janvier et mars 2010, et son droit de vote à la Banque mondiale vient d’être augmenté. Ces indices indiquent que la Chine est un allié essentiel pour la France, tant sur la scène internationale, qu’économique et financier.

Le Président français l’a d’ailleurs précisé lors d’une de ses interviews avec la presse : « le partenariat entre nos deux pays est global et il est stratégique. Global, parce qu’il recouvre tous les volets de notre relation. Stratégique, parce que la Chine est devenue un acteur absolument incontournable sur la scène internationale ».

En dépit de l’importante délégation de patrons (LVMH, Michelin, Vuitton, Suez Environnement, EDF, PSA Peugeot Citroën, Thales), venue avec Nicolas Sarkozy, aucun contrat ne sera signé durant ces trois jours, a annoncé Jean Pierre Raffarin au Figaro. Les chefs d’entreprise devront attendre l’automne, à l’occasion de la tournée en Europe de Hu Jintao,  pour pouvoir signer de « gros contrats ».

Toutefois, des accords seront conclut entre les ministères chinois et français présents. Parmi les ministres français, on pouvait voir Christine Lagarde (Économie et Finances), Luc Chatel (Éducation nationale), Frédéric Mitterrand (Culture et communication), Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Jean-Louis Borloo (Ecologie), ainsi que de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand.