Malgré des relations tendues entre la Chine et les Etats-Unis, Pékin et Washington s’engagent à «renforcer l’action climatique» dans une déclaration conjointe. Cet accord «montre que la coopération est la seule voie», a souligné l’émissaire pour le climat chinois.

A l’issue du dixième jour des discussions de la 26e Conférence des parties (COP) pour le climat des Nations unies, la Chine et les Etats-Unis ont conclu une «déclaration conjointe sur le renforcement de l’action climatique», a annoncé l’émissaire pour le climat chinois, Xie Zhenhua, le 10 novembre.

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«Les deux parties reconnaissent l’écart existant entre les efforts actuels et les objectifs de l’accord de Paris, donc nous renforcerons conjointement l’action climatique», a-t-il déclaré lors d’un point presse depuis Glasgow, en Ecosse.

Cet accord «montre que la coopération est la seule voie pour la Chine et les Etats-Unis», a indiqué Xie Zhenhua, alors que les tensions entre la Chine et les Etats-Unis restent vives, notamment sur le dossier de la diplomatie climatique.

Sur Twitter, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a salué cet accord, dans lequel il voit «un pas important dans la bonne direction». D’autant plus que la Chine est le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, et les Etats-Unis, le deuxième.

Le président américain, Joe Biden, qui était venu à Glasgow au début de la conférence, avait qualifié de «grande erreur» l’absence à la COP26 de son homologue chinois, Xi Jinping, l’accusant d’avoir «tourné le dos» à la crise climatique.

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«En tant que deux principales puissances mondiales, la Chine et les Etats-Unis doivent assumer la responsabilité de travailler ensemble et avec les autres parties pour combattre les changements climatiques», a de son côté déclaré l’émissaire chinois.

S’exprimant peu après Xie Zhenhua, l’émissaire américain pour le climat, John Kerry, s’est félicité de cette «feuille de route», qui va définir «la façon dont nous allons limiter le réchauffement et travailler ensemble à relever les ambitions climatiques».

Dans le texte mis en ligne, la Chine et les Etats-Unis s’engagent à œuvrer à la COP26 pour « une issue ambitieuse, équilibrée et inclusive sur l’atténuation [baisse des émissions], l’adaptation et le soutien» financier.

Les deux pays s’engagent plus globalement à «prendre des mesures renforcées pour relever les ambitions pendant les années 2020», en réaffirmant leur attachement aux objectifs de température de l’accord de Paris.

«Nous pouvons tous nous engager sur la voie d’un développement vert, à faibles émissions de carbone et durable», a déclaré, de son côté, le président chinois, Xi Jinping, qui s’exprimait au cours d’une conférence virtuelle en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Sans mentionner précisément l’accord passé avec les Etats-Unis, il a appelé tous les pays de la région à travailler ensemble sur des défis communs : la lutte contre le réchauffement climatique mais aussi celle contre le Covid-19.

Xi Jinping a par ailleurs mis en garde contre un retour à des tensions dignes de la guerre froide dans la région Asie-Pacifique. «Les tentatives de tracer des démarcations idéologiques ou de former de petits groupes reposant sur la géopolitique sont vouées à l’échec. La région Asie-Pacifique ne peut ni ne doit retomber dans les confrontations et les divisions de la guerre froide», a-t-il déclaré.

Pour sa part, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a salué l’accord Etats-Unis-Chine. «Au-delà de la COP, c’est important pour le monde», a-t-il déclaré.

«Si les Etats-Unis et la Chine, avec toutes les difficultés qu’ils ont sur d’autres questions, envoient un message selon lequel cette question transcende les autres, qu’elle concerne la survie de l’humanité, cela aide énormément la communauté internationale à accepter le fait que nous devons agir maintenant», a-t-il ajouté, indiquant toutefois qu’il y avait «beaucoup de travail à faire» pour parvenir à un accord à la COP26.