Les censeurs ont supprimé le 21 octobre de l’internet en Chine toute référence à la mort d’une adolescente en centre de quarantaine, alors que la population est de plus en plus exaspérée par les mesures zéro Covid instaurées par le gouvernement.

La Chine est la dernière grande économie à poursuivre une politique stricte anti-Covid, qui prévoit le placement en quarantaine des personnes testées positives, des confinements ciblés, des tests PCR généralisés et obligatoires, et des restrictions de déplacements.

Près de trois ans après l’apparition des premiers cas de Covid-19 à Wuhan (centre de la Chine), une part grandissante de chinois sont exaspérés par ces mesures sanitaires parfois appliquées par les autorités locales avec beaucoup de zèle.

Selon l’Agence France Presse, des messages sur les réseaux sociaux ont évoqué la mort d’une adolescente de 14 ans, privée de soin alors qu’elle était en quarantaine à Ruzhou (centre).

Des vidéos sur Douyin (version chinoise de TikTok) montraient une femme allongée sur un lit superposé souffrant d’épilepsie. A ses côtés des personnes criaient à l’aide. L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante leur authenticité et les appels à la localité de Ruzhou étaient sans réponse dans l’immédiat.

Cette affaire a provoqué un regain de colère en ligne, à un moment crucial pour le gouvernement réunit en Congrès national du Parti Communiste Chinois à Pékin. Les médias officiels n’ont pas évoqué cette affaire, et pour prévenir toute source d’instabilité les censeurs ont supprimé le 21 octobre après-midi quasiment toutes les traces de l’incident sur l’internet chinois.

Le mot-dièse «fille de Ruzhou», qui totalisait encore 255.000 vues dans la matinée du 21, a complètement disparu sur Weibo, équivalent de Twitter bloqué en Chine. «Les leçons de Shanghai ont-elles été oubliées à ce point?», s’interrogeait un internaute en référence au confinement de deux mois de la métropole, durant lequel une partie des habitant avait été privé de soins et de nourriture.

«Il n’y avait même pas de médecin pour soigner une fille qui en avait besoin», s’est indiqué un autre internaute. L’incident survient un mois après la mort en Chine de 27 personnes dans un accident de la route, alors qu’elles étaient transportées vers un centre de quarantaine.