Peter Ben Embarek, chef de la délégation de scientifiques internationaux envoyés en Chine par l’OMS pour déceler l’origine du Covid-19, une fuite de laboratoires est une hypothèse «probable».

Ce dernier avait pourtant assuré en février 2021, que l’hypothèse de la fuite d’un laboratoire, soulevée par l’administration de l’ancien président américain Donald Trump, est «hautement improbable», avait déclaré Peter Ben Embarek.

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Selon ce dernier «un employé (d’un laboratoire) infecté sur le terrain en prélevant des échantillons relève de l’une des hypothèses probables. C’est là que le virus passe directement de la chauve-souris à l’homme».

Dans un documentaire intitulé «Le mystère du virus – un Danois à la recherche de la vérité en Chine» diffusé sur la chaîne publique danoise TV2, le scientifique a évoqué son travail lors de la mission qu’il a dirigée à Wuhan et se montre très critique face à la Chine.

La première phase de l’étude, menée en janvier 202 à Wuhan – considérée comme le berceau de la pandémie –, avait pourtant conclu, le 29 mars que l’hypothèse d’un incident de laboratoire restait «extrêmement improbable».

Peter Embarek a alors justifié son changement d’avis, en indiquant qu’il a été difficile pour son équipe de discuter de cette théorie avec les scientifiques chinois. «Jusqu’à 48 heures avant la fin de la mission, nous n’étions toujours pas d’accord» pour évoquer thèse du laboratoire P4 de l’Institut de virologie «dans le rapport», a expliqué le scientifique dans le documentaire.

Après ces échanges, la délégation de l’OMS obtient la permission de visiter deux laboratoires où s’effectuent des recherches autour des chauves-souris, explique-t-il.

Lors de ces visites, «nous avons eu droit à une présentation, puis nous avons pu parler et poser les questions que nous voulions poser, mais nous n’avons pas eu l’occasion de consulter la moindre documentation», a détaillé Peter Embarek dans le documentaire.

Le scientifique a indiqué qu’aucune des chauves-souris ne vit à l’état sauvage dans la région de Wuhan, et que les seules personnes susceptibles d’avoir approché les chauves-souris soupçonnées d’avoir hébergé le virus à l’origine du Sars-Cov-2 sont des employés des laboratoires de la ville.

Ce dernier, ainsi que certains membres de la délégation, ont déploré «les difficultés des scientifiques à accéder aux données brutes chinoises». Par la suite, l’OMS a demandé mi-juillet un «contrôle des laboratoires». La Chine a réagit en dénonçant un «manque de respect pour le bon sens et une arrogance envers la science».

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit avoir besoin de «toutes les données» sur le Covid pour enquêter sur l’hypothèse d’une fuite de laboratoire en Chine, invitant tous les pays «y compris la Chine» à partager les données sur les premiers cas.

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«Partager les données et autoriser le réexamen d’échantillons (…) n’est pas autre chose que ce que nous incitons tous les pays, y compris la Chine, à soutenir pour que nous puissions avancer dans l’étude des origines (de la pandémie) rapidement et efficacement», a déclaré l’OMS dans un communiqué.