Le taux de croissance de la Chine est désormais à son plus bas niveau, depuis trois ans, selon les autorités chinoises. Victime de la crise de dette souveraine en Europe, la demande intérieure ne parvient toujours pas à compenser et les exportations continuent de diminuer.

Face au ralentissement de l’économie, le gouvernement chinois a décidé de revoir à la baisse son objectif de croissance pour cette année. Le taux est désormais situé à 7,5%, contre 8% pour les années précédentes. Cette annonce contraste énormément avec les données de l’an dernier, la croissance était de 9,7% au premier trimestre, puis  de 8,9% au quatrième, a indiqué le gouvernement, le 13 avril.

Croissance de la Chine 2010 à 2012

Pas de ralentissement brutal

D’après l’économiste de IHS Global Insight, Ren Xianfang, « l’économie chinoise a décéléré pour afficher sa croissance la plus basse depuis la crise financière, frappée par deux chocs simultanés : des exportations faibles et un secteur de la construction qui ralentit ».

Pour cette dernière, la baisse de la croissance s’apparente plus « à une lente consolidation, plutôt qu’à un ralentissement brutal comme en 2008-2009 ». Cette analyse est également partagé par le Premier ministre, Wen Jiabao, qui a indiqué dans un communiqué que « le développement de l’économie chinoise reste confronté à de nombreux défis et difficultés ».

Les conséquences de la crise économique et financière, ajoutée à la croise de la dette européenne pèsent sur l’inflation qui devrait persister. De leurs côtés, « les PME ont toujours des problèmes importants pour se financer, et les difficultés augmentent pour les entreprises exportatrices », a indiqué l’économiste.

En dépit de ces chiffres moroses, les économistes restent optimistes sur l’évolution de l’économie chinoise dans les mois à venir. En effet, le gouvernement est en train de lancer une série de mesures visant à relancer la consommation intérieure, afin de pallier la baisse des exportations.

Celui-ci a d’ailleurs été conforté par la hausse du volume des nouveaux prêts octroyés par les banques chinoises pour endiguer la hausse des prix, permettant à l’inflation de rester en dessous des 4%.

Des conséquences sur le reste du monde

La Chine reste l’atelier du monde, en produisant et exportant en quantité des jouets, des produits électroniques ou encore des voitures. Cependant, ce type de production demande des matières premières en quantité importante, que le pays importe d’Australie, d’Amérique Latine, d’Afrique et de ses voisins asiatiques.

La Chine est également le premier consommateur au monde de cuivre, à 40% de la production mondiale, de nickel (20%) ou d’acier (44%).  Ce besoin de matières fait du pays l’un des alliés économiques indispensables dans certaines zones du monde : Afrique, Asie et Amérique latine.

Raison pour laquelle, l’inquiétude monte chez ses partenaires étrangers qui craignent une diminution de la croissance chinoise et donc de ses importations, ce qui aurait un impact sur les économies du monde.

Les pays émergents, comme la Chine, tirent le commerce mondial.  En effet, à l’annonce  d’une diminution de sa croissance, les Bourses ont réagi de manière contrastée aux indicateurs chinois, selon l’Agence France Presse. Paris, Londres et Francfort ont clôturé en baisse tandis qu’à Hong Kong et Shanghai terminaient la séance en hausse.

Face à cette situation, le gouvernement chinois a annoncé l’assouplissement de sa politique monétaire, « en baissant rapidement les réserves obligatoires des banques », pour  permettre aux banques de prêter davantage, a expliqué Liao Qun, économiste pour la Chine de Citi Bank International à Hong Kong, à l’AFP.