Loin de l’excentrique Jack Ma, Daniel Zhang est un enfant studieux avec une allure de premier de la classe. Financier discret, Daniel Zhan qui remplacera le visionnaire «crocodile du Yangtze», à la tête du géant de l’e-commerce en 2019. Peu adepte des projecteurs, il aura la tâche de conserver la reconnaissance mondiale, d’achever la transformation de la compagnie en «Big data», et de mobiliser les 85 000 employés et les investisseurs, tant de défis à relever pour ce dernier.

Jack Ma prend sa retraite, remplacé par Daniel Zhang

Il a rejoint le groupe de Hangzhou, en 2007, faisant décoller le portail de vente «Taobao», devenu la tête de proue du groupe. Ce premier coup de maître a modifier la vie quotidienne des chinois et installée l’entreprise à la pointe de la révolution digitale en Chine .

Pour Duncan Clark, auteur de L’Incroyable Histoire de Jack Ma (2017, éditions François Bourrin), «il a gagné la confiance de Jack». D’après le magazine français Le Point «Jack Ma a inventé la ‘plus grande caisse enregistreuse de l’histoire’, mais en coulisse, c’est le chevronné Zhang qui pilote les opérations au quotidien. Tranchant, compétent et expérimenté, le financier rassure les investisseurs, en menant une transition en douceur déjà entamée en 2015, lorsqu’il devient PDG».

Selon ce dernier, «la retraite de Jack Ma est stratégique, à l’heure où le contrôle du Parti est croissant, il cherche à garder son autonomie», et notamment son train de vie. L’autodidacte globe-trotter sait que personne ne peut critiquer un patron qui redevient maître d’école.

Cette stratégie d’évitement se décline aussi dans les affaires. Pour limiter l’influence croissante du gouvernement chinois, Alibaba mise sur l’international, avec pour objectif de générer à terme la moitié de son chiffre d’affaires hors de Chine et gagner 2 milliards de consommateurs.