La police hongkongaise a de nouveau utilisé le 28 juillet du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc contre des manifestants qui demandaient plus de démocratie. Ils s’étaient réunit à proximité du Bureau de liaison chinois, symbole de la présence de Beijing dans le territoire.

Des dizaines de milliers de personnes ont bravé l’interdiction de manifester des autorités, en organisant une marche dans les rues de la mégalopole. Près de 200 manifestants ont atteint les abords du Bureau, avant de faire face à des policiers antiémeutes qui gardaient en force le bâtiment.

Ils ont alors utilisé lacrymogène et balles en caoutchouc. Les manifestants ont riposté par des jets de briques et de pierres, puis ont été repoussés par une charge des policiers armés de matraques.

Les affrontements ont brusquement cessé vers 23h30 quand les protestataires ont battu en retraite et se sont engouffrés dans les stations de métro voisines.

Le mouvement de protestation contre le gouvernement local pro-Pékin entre dans sa 8ème semaine. Il a été marqué pour le 2ème jour consécutif par des affrontements, après des violences le 27 juillet lors d’une manifestation, également interdite, à Yuen Long, près de la frontière chinoise.

Le Bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong avait déjà été la cible une semaine auparavant de jets d’œufs et de graffitis. Pékin avait dénoncé des actes « absolument intolérables » et appelé à « punir les coupables ».

Dimanche 28 juillet, des policiers ont procédé à des dizaines d’arrestations. Dans le même temps, une foule de gens s’était rendue dans le quartier commerçant de Causeway Bay où la présence policière était plus restreinte. Les manifestants ont érigé des barricades et bloqué une artère principale tandis que magasins et centres commerciaux fermaient leur porte.

« Certains manifestants radicaux ont agi violemment« , menaçant la sécurité de la police et du public, a déclaré le gouvernement de Hong Kong dans un communiqué.

Le 27 juillet, de violents incidents avaient déjà éclaté à Yuen Long dans les Nouveaux territoires, à l’issue d’une manifestation interdite ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Selon des sources hospitalières, 24 personnes ont été blessées dont deux grièvement.

Après le saccage début juillet du Parlement hongkongais, l’attaque du Bureau de liaison du gouvernement chinois le 21 juillet a été un nouveau défi lancé à l’autorité de Beijing.

Hong Kong, un haut lieu de la finance internationale, est plongé depuis le 9 juin dans une crise politique inédite, avec des manifestations pacifiques gigantesques qui ont parfois conduit à des heurts sporadiques entre contestataires radicaux et policiers.

La colère s’est amplifiée s’est derniers jours après l’agression de manifestants à Yuen Long par des membres présumés de triades, des gangs criminels.