Des éditeurs suédois ont demandé à Pékin la libération du libraire et éditeur suédo-chinois Gui Minhai, condamné en 2020 à dix ans de prison après avoir été accusé d’avoir diffusé illégalement des « informations classifiées » à l’étranger.

Dans une lettre publiée le 31 janvier dans le quotidien de référence Dagens Nyheter, 21 éditeurs suédois – dont l’éditeur suédois de Gui, Martin Kaunitz – demandent au nouvel ambassadeur de Chine en Suède, Cui Aimin, « que Gui Minhai soit immédiatement libéré ».

« Tous les partis (politiques) suédois, les organisations de défense de la liberté d’expression et les principaux journaux suédois demandent que Gui Minhai soit immédiatement libéré », ont écrit ces derniers.

Les signataires sont des auteurs, des personnalités littéraires et des journalistes culturel. Ces derniers ont fait valoir que la Chine a arrêté Gui pour des « motifs peu convaincants ».

Ils attestent que l’accusation selon laquelle Gui Minhai a fourni des renseignements à un pays étranger « semble être sortie de nulle part et jette le discrédit sur la Chine ». Ils alertent : « M. l’Ambassadeur, le nom que vous entendrez le plus dans les relations suédo-chinoises est Gui Minhai ».

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Gui Minhai est au centre de tensions diplomatiques entre la Suède et la Chine depuis plus de six ans. Avant d’être arrêté, il publiait dans une maison d’édition de Hong Kong des livres au contenu polémique sur les dirigeants de Chine continentale, grâce à la liberté d’expression et de publication sur le territoire semi-autonome.

Il avait été condamné une première fois en 2015 en Chine pour une affaire de droit commun après avoir disparu mystérieusement lors de vacances en Thaïlande, et les autorités chinoises avaient assuré l’avoir relâché en octobre 2017.

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Gui Minhai avait été de nouveau interpellé en janvier 2018 dans un train, alors qu’il se rendait à Pékin, accompagné de diplomates suédois, pour un rendez-vous médical.

Il a été condamné en février 2020 à dix ans de prison par un tribunal de Ningbo, dans le nord-est de la Chine, pour avoir « illégalement diffusé à l’étranger des informations classifiées », sans que la justice chinoise ne précise lesquelles.

Alors que l’entourage de Gui Minhai dénonce des poursuites à caractère politique, la Chine défend le fait qu’il s’agisse d’une affaire intérieure.

La justice avait aussi assuré que l’éditeur avait demandé en 2018 à retrouver sa nationalité chinoise, mais la Suède a rapidement démenti l’information, insistant que le fait que « Gui Minhai est un ressortissant suédois ». D’autant que la Chine ne reconnaît pas la double nationalité.