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La Suède demande la libération de l’éditeur suédois Gui Minhai

Le ministère suédois des affaires étrangères a convoqué ce 26 février l’ambassadeur chinois à Stockholm et a exhorté la Chine de libérer l’éditeur suédois d’origine chinoise Gui Minhai, condamné à dix ans d’emprisonnement, le 25 février.

« Nous avons pris connaissance des informations concernant la décision à l’encontre de Gui Minhai et avons demandé confirmation aux autorités chinoises – à cet égard, le secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur chinois », a annoncé Johan Ndisi, porte-parole du ministère.

Demandes de libération

Ce dernier a indiqué à l’Agence France Presse-Tv que « nous avons réitéré nos demandes pour que Gui Minhai soit libéré et pour que nous ayons également un accès consulaire » pour l’éditeur, sans dévoiler le contenu exact des discussions.

A la fois libraire et éditeur, Gui Minhai, 55 ans, publiait à Hong Kong des livres au ton sensationnaliste sur la vie privée des dirigeants chinois, interdits en Chine continentale.

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Un tribunal de Ningbo a prononcé la condamnation le 25 février, a reconnaissant que Gui Minhai est coupable d’avoir « illégalement diffusé à l’étranger des informations classées », sans donner plus de détails.

Gui Minhai « a reconnu sa culpabilité, accepté le verdict et ne fera pas appel », selon le communiqué du tribunal. La justice chinoise a aussi assuré que l’éditeur avait demandé en 2018 à retrouver sa nationalité chinoise.

Demande d’expulsion de Gui Minhai

Or, la Chine ne reconnaît pas de double nationalité. Interrogé par l’AFP, le ministère suédois des Affaires étrangères a rappelé le 25 février que la citoyenneté du pays scandinave « ne pouvait être abandonnée qu’après examen et décision » d’une agence gouvernementale. « Gui Minhai est un ressortissant suédois », a-t-il insisté.

Plusieurs dirigeants politique de droite et de gauche ont aussi demandé l’expulsion du diplomate chinois. « L’ambassadeur devrait être déclaré persona non grata (…). La Suède doit maintenant être claire avec la Chine et exiger la libération, l’accès aux soins médicaux et un soutien consulaire » pour Gui Minhai, a assuré Håkan Svenneling, du Parti de gauche, cité par l’agence de presse TT.

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Déjà condamné en 2015 pour une affaire de droit commun, Gui Minhai avait disparu la même année ainsi que d’autres employés de cette entreprise lors de vacances en Thaïlande.

Il était ensuite réapparu dans une prison chinoise en « avouant » à la chaîne CCTV de s’être rendu aux autorités en raison de son implication dans un accident de la route en Chine remontant à 2003. Son entourage dénonce des poursuites judiciaires à caractère politique.

Perturbation des relations entre la Chine et la Suède

Stockholm a dénoncé en février 2018 l’interpellation « brutale » de Gui Minhai dans le train où des diplomates suédois l’accompagnaient, la jugeant « contraire aux règles internationales fondamentales sur le soutien consulaire ».

En novembre 2019, le gouvernement chinois avait dénoncé la remise par la ministre suédoise de la Culture d’un prix de l’association de défense des écrivains PEN à Gui Minhai, en son absence.

L’ambassadeur de Chine avait menacé Stockholm de « mesures de rétorsion » et Pékin avait annulé la venue en Suède de deux importantes délégations de patrons chinois.

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