Les tensions restent forte en Chine où des affrontements ont opposé des manifestants et la police à Canton, dans le sud de la Chine, en dépit de l’appel lacé par les autorités pour contenir le mouvement national de colère contre les restrictions sanitaires.

Les autorités font face au mouvement de contestation le plus étendu depuis les mobilisations de 1989, sur la place Tiananmen de Pékin qui avaient été réprimées dans le sang.

Dans ce contexte, Charles Michel, le président du Conseil européen est attendu le 30 novembre à Pékin où il rencontrera notamment le 1er décembre le président Xi Jinping.

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De son côté, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a affirmé que les populations de tous les pays ont le droit de « faire entendre leur frustration » en manifestant pacifiquement. « Lorsque nous voyons le gouvernement prendre des mesures de répression massive pour l’empêcher, ce n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse », a-t-il poursuivi.

Le 29 novembre, la Commission des affaires politiques et juridiques du Parti communiste chinois (PCC), qui supervise les forces de l’ordre, a estimé, sans mentionner les récents événements, qu’il faut « réprimer résolument, conformément à la loi, les actions criminelles visant à briser l’ordre social et protéger avec détermination la stabilité sociale ».

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La contestation survient après trois années de strictes restrictions sanitaires contre le Covid-19 et dans un contexte de frustrations croissantes de la population vis-à-vis du système politique chinois.

A Pékin, Shanghai, Wuhan, et d’autres villes du pays, des manifestations se sont déroulées les 26 et 27 novembre, prenant au dépourvu les autorités qui ont depuis resserré la vis pour empêcher tout nouveau rassemblement.

De nouveaux heurts entre manifestants et police ont éclaté dans la nuit du 23 au 24 novembre dans la métropole de Canton (sud), selon des témoins et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l’AFP.

Des étudiants d’universités de Canton ont déclaré avoir été contraints de quitter leurs dortoirs dans la nuit du 29 au 30 novembre, sous peine d’être placés dans des chambres de quarantaine contre le Covid, selon des messages publiés sur les réseaux sociaux.

Suite aux manifestations sur les campus le week-end dernier, de nombreuses universités ont déclaré le début anticipé des vacances, poussant leurs étudiants à rentrer dans leurs familles.

Le fait déclencheur de cette mobilisation nationale a été l’incendie d’un immeuble d’habitation à Urumqi, capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), qui a fait 10 morts. Des internautes ont accusé les restrictions sanitaires d’avoir empêché l’arrivée rapide des secours, un argument rejeté par les autorités.

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Au sein de la plus ancienne université de Hong Kong, région administrative spéciale, plus d’une dizaine de personnes ont entraîné la foule à chanter des slogans comme « donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort ».

A Hangzhou, de petites manifestations avaient éclaté le 28 novembre dans la soirée, malgré le dispositif policier. Selon l’Agence France Presse, le contrôle strict des autorités sur l’information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l’intérieur de la Chine compliquent l’évaluation du nombre total des manifestants dans le pays.

Image d’illustration : Manifestation à Hong Kong en 2019