A Guangzhou, les femmes assistent à la présence d’homme, sans gêne, dans des métros qu’ils leur sont réservés. Dans la ville portuaire située au nord-est de Hong Kong, Guangzhou dispose de l’un des métros les plus fréquentés du monde. Face aux incivilités contre les femmes, les autorités locales avaient mit en place des wagons à l’origine réservées aux femmes pour prévenir le harcèlement et les agressions sexuelles. Or désormais, ces voitures sont bondées d’hommes.

Syndrome de la société

«Je pense que les hommes ne se rendent tout simplement pas compte», a expliqué une employée de banque de 28 ans, Lu Lili, au quotidien New York Times. Pour cette dernière, «ils montent tous dans ce wagon, cela leur est égal».

Cependant, «avant, les employés du métro répétaient tout le temps ‘voiture réservée aux femmes, voiture réservée aux femmes’, mais les hommes s’en fichaient. Quel manque de civisme!», a déploré  la  jeune femme.

Pour le quotidien américain, «les voitures de métro réservées aux femmes sont à bien des égards une métaphore de la société chinoise. Les lois de ce pays sont nombreuses, mais peu appliquées. Le gouvernement interdit les discriminations sexuelles, mais ne les a jamais définies».

Raison pour lesquelles, les femmes victimes d’harcèlement sexuel ne portent pas plainte auprès de la police et les coupables ne sont quasiment jamais traduits en justice.

L’initiative de réserver des wagons aux femmes est venue du membre d’uns structure du conseil consultatif du PCC, afin de «prendre soin des femmes et de les respecter». Ye Zichuan, chef du service de communication du métro de Guangzhou, a indiqué que les wagons réservés aux femmes ne sont pas des «wagons interdits aux hommes» et qu’aucune loi n’empêche ces derniers d’y monter.

Les voitures pour femmes sont situées à l’arrière de la rame et en en service du lundi au vendredi pendant les heures de pointe. Chaque wagon possède sur leurs portes une inscription «Réservé aux femmes», de couleur rose et ornée de motifs floraux.

Pour certains, ces wagons ne sont pas une réponse aux problèmes rencontrés par la femme, car la mesure détourne l’attention du vrai problème : l’attitude des hommes dans les transports.

Une mesure superficielle

De nombreuses femmes se sont plaintes de ces hommes qui profitent de ces wagons également bondés pour commettre des actes déplacés. Dans une enquête menée par le Quotidien de la Jeunesse de Chine, plus de la moitié des femmes déclarent avoir subi au moins une fois des attouchements sexuels dans les transports en commun.

En 2017, un groupe de jeunes féministes a réussi à récolter plus de 6 000 dollars (4 920 €) pour une campagne de sensibilisation sur le harcèlement sexuel dans les transports.

Mais, d’après Xiao Mei, fondatrice du groupe, les autorités y ont mis fin pour éviter tout «trouble au sein de la population». Cette dernière a expliqué que les autorités ont expliqué plus tard que seul gouvernement pouvait mener une campagne sur les sujets d’intérêt public.

Toutefois, Xiao Mei a dénoncé les voitures réservées aux femmes, qui ne sont qu’une «mesure ridicule». Cette dernière a expliqué que «le but est à la base de protéger les femmes des agressions dont elles font l’objet dans le métro. Mais au final, plutôt qu’aborder le problème de front, on ne fait que le déplacer en délimitant une zone où elles seraient en sécurité».

Autre problème, la forte fréquentation du métro. Guangzhou possède le quatrième métro le plus fréquenté du monde, avec près de 8 millions de passagers empruntant chaque jour le métro de la ville. Chaque voiture transporte en moyenne 310 passagers aux heures de pointe, selon les données fournies au New York Times, Ye Zichuan, responsable du métro de Guangzhou.

Après la mise en place du système de wagon pour femmes, les employés «bénévoles» étaient exténués et découragés. Ces derniers ont tout fait pour dissuader les hommes d’emprunter ces voitures, en vain. Toutefois, beaucoup d’hommes soutiennent la mise en place de ces wagons réservés aux femmes, et certains d’entre eux assurent s’être retrouvés dans ces wagons par mégarde.