Les régulateurs chinois et plusieurs ministères ont dépêché des enquêteurs dans les locaux de Didi, le «Uber chinois», qui est actuellement dans le collimateur de la Chine  depuis son entrée en Bourse à Wall Street.

Didi, qui domine en Chine le  marché de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC), est visée depuis le début du mois de juillet 2021 par une enquête en lien avec sa collecte de données privées.

Sur ordre des autorités, l’application ne peut plus être téléchargée, une mesure toutefois sans conséquence pour les usagers de Didi l’ayant déjà installée sur leur téléphone. Ces déboires interviennent après la levée fin juin par Didi de 4,4 milliards dollars (3,7 milliards d’euros) lors de son entrée à la Bourse de New York.

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La Chine a durci le ton. Dans un communiqué commun, les régulateurs du marché et du cyberespace, ainsi que cinq ministères ont annoncé avoir envoyé des équipes au siège de Didi pour passer en revue les questions de sécurité autour des données personnelles.

Le ministère de la Sécurité publique fait partie de la liste des institutions concernées. Ce ministère s’attaque relativement peu aux géants de la technologie. De plus, il est rare qu’une telle entreprise soit visée par une enquête impliquant autant de ministères et d’institutions.

Auparavant, la Chine a longtemps encouragé ses entreprises à se mondialiser, plusieurs ont levé des fonds aux Etats-Unis pour se développer.

Mais dans un contexte de rivalité croissante avec Washington, en particulier dans le domaine de la tech, la Chine redoute désormais que des données cruciales accumulées par ses géants ne fuient à l’étranger, surtout aux Etats-Unis.

Raison pour laquelle la Chine souhaite durcir les conditions de cotation à l’étranger pour ses entreprises, priées au préalable d’être irréprochables en matière de cyber-sécurité.

Les entreprises liées à l’internet sont particulièrement dynamiques en Chine où une législation jusque-là relativement laxiste sur les données, et l’absence de concurrents étrangers, a permis à des géants locaux d’émerger. Mais la Chine fait preuve depuis ces derniers mois de davantage de fermeté et a lancé des procédures à l’encontre de nombreuses entreprises, priées de «rectifier» des pratiques jusque-là tolérées.

L’administration chinoise du cyberespace a ainsi ordonné le retrait des plateformes de téléchargement de 25 applications appartenant à Didi, en raison de «graves manquements» en matière de données.

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Toutefois, la plate-forme chinoise de covoiturage Didi Chuxing a repoussé samedi les rumeurs en ligne selon lesquelles ses services seraient suspendus à partir du 20 juillet.

« Les affirmations selon lesquelles nos services de covoiturage seraient suspendus à partir du 20 juillet étaient incorrectes, et nous avons signalé les rumeurs à l’organe de sécurité publique et au Cyber ​​Security Review Office », a déclaré la société sur Sina Weibo.

Didi Chuxing comptait 377 millions d’utilisateurs actifs annuels et 13 millions de conducteurs actifs annuels en Chine pour les 12 mois se terminant le 31 mars, représentant respectivement 76,47 % et 86,67% du marché mondial de l’entreprise, selon son prospectus de juin.

Pour l’ensemble de l’année 2020 et le premier trimestre 2021, 93,4% des revenus d’exploitation de Didi Chuxing provenaient de Chine, les 6,6% restants provenant d’autres pays et régions.