Avec notre stagiaire Manon Kbidi – Considéré comme le leader sur le marché chinois des voitures de transport avec chauffeur (VTC), «Didi chuxing» a été retiré des plate-formes en ligne de Chine.

En effet, deux jours seulement après l’annonce d’un examen de cybersécurité dans l’entreprise, les autorités chinoises chargées de la cybersécurité en Chine, ont constaté une «infraction grave de la réglementation en matière de collecte et d’utilisation des données personnelles» et ont ordonné le 4 juillet le retrait de l’application «Didi chuxing» des magasins en ligne.

Depuis le 3 juillet, Didi est contraint de suspendre les inscriptions des nouveaux utilisateurs. Cependant, les personnes qui avaient déjà téléchargé l’application pouvaient toujours l’utiliser. Par conséquent, les utilisateurs précédents, les passagers et les conducteurs n’ont pas été affectés par la décision de retrait, a rapporté le China Internet Information Center.

D’après le New-York Times, l’administration du cyberespace chinois a déclaré brièvement dans un communiqué daté du 4 juillet, qu’ils ont pris cette décision «pour prévenir des risques sur la sécurité de données nationales, garantir la sécurité nationale et protéger l’intérêt du public».

L’Administration chinoise de la cybersécurité (CAC) a déclaré que le géant de la réservation de voitures avec chauffeur, Didi Global, enfreignait gravement les lois et règlements, et que la décision de retrait de l’application avait été prise conformément à la loi sur la cybersécurité.

Didi devra rectifier ses problèmes au regard des lois et normes nationales pour protéger la sécurité des informations de ses utilisateurs, a ajouté l’administration dans son communiqué de presse.

L’administration a demandé aux magasins en ligne de supprimer cette application de leurs plateformes et à imposer à Didi de «corriger les problèmes existants et de protéger efficacement les informations personnelles des utilisateurs».

En demandant, aux magasins d’applications chinois de supprimer l’application indéfiniment, la société Didi doit faire face à l’une des sanctions les plus sévères pour une société Internet en Chine.

En réponse au CAC, l’entreprise Didi a indiqué sur son compte Weibo qu’il «effectuerait des rectifications (…) et continuerait à protéger la confidentialité des utilisateurs et la sécurité des données».

«Didi chuxing» a été fondé en 2012 par Cheng Wei, qui est un ancien cadre du géant chinois du commerce en ligne Alibaba. L’entreprise revendique environ 15 millions de chauffeurs et 493 millions d’utilisateurs actifs par an.

Aussi appelé le «Uber chinois», Didi est présent non seulement en Chine mais aussi dans 15 pays dont l’Australie et la Russie. Depuis 2016, Didi domine le marché chinois et a chassé son rival américain Uber. La société a réalisé un chiffre d’affaires de 21,6 milliards de dollars (19,4 milliards d’euros) en 2020 et de 6,4 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros) au premier trimestre 2021.

wechat gma application mobileSeulement quatre jours après son introduction en bourse à New York, qui lui avait permis d’obtenir 4,4 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros), il a vu sa courbe chuter de 5,30%, soit 15,53 dollars, à la suite de l’annonce de l’enquête de Pékin, a rapporté le Figaro.

Le 10 mai 2021, le CAC a également notifié 84 autres applications qui collectent trop de données personnelles ou les utilisent de manière inappropriée. D’après le New York Times, ces applications comprennent des applications développées par les sociétés Internet les plus connues de Chine, telles que Byte Beat, Tencent et Baidu.

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Cependant, les régulateurs exigent simplement que les développeurs de ces applications apportent des corrections dans un temps donné mais n’ordonnent pas aux magasins d’applications de les supprimer.

En avril 2021, le géant du commerce électronique Alibaba était dans le collimateur des autorités chinoises, qui l’ont sanctionné d’une amende record de 18,2 milliards de yuans pour avoir enfreint les lois antitrust.

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Ainsi, la cybersécurité représente un enjeu majeur dans le monde moderne. En Chine, le gouvernement a décidé de resserrer la vise et de sanctionner les entreprises qui enfreignent les lois sur la concurrence, la protection de données, ETC… Désormais, les entreprises Internet de Chine doivent se conférer à la loi sur la cybersécurité et sur les données personnelles en 2017.