Les nouvelles taxes douanières imposées par le président américain Donald Trump concerne un large éventail de produits, notamment le secteur alimentaire et des articles de sport, musique, meuble

La guerre commerciale entre Washington et Beijing se poursuit. Des droits de douane supplémentaires frappant des milliards de dollars de produits chinois sont entrés en vigueur ce 1er septembre aux Etats-Unis.

Ces droits de douane additionnels de 15 % portent sur une partie des 300 milliards de dollars (364 mds €) de biens importés chinois qui avaient été jusqu’alors épargnés par les précédentes mesures américaines.

L’objectif de Donald Trump est de maintenir la pression afin de d’arracher à Xi Jinping un accord commercial. En campagne pour un second mandat, le locataire de la Maison blanche est resté sourd aux nombreuses mises en garde sur les répercussions négatives sur l’économie et les marchés américains.

Les marchandises visées touchent le secteur alimentaire (ketchup, viandes de bœuf découpées, saucisses de porc, fruits, légumes, lait, fromages, épices, glaces, etc) ; certains articles de sport comme les clubs de golf, les planches de surf ou les vélos, des instruments de musique, des vêtements de sport, des meubles, de la vaisselle ou encore les chaises hautes pour enfants seront également surtaxés, selon la liste officielle.

Des économistes du Peterson Institute for International Economics, un centre de réflexion basé à Washington, ont chiffré à 112 milliards de dollars (99 mds €) la valeur des biens qui seront soumis à ces nouveaux droits de douane. Ils s’ajoutent aux plus de 250 milliards de dollars (220 mds €) de biens chinois qui étaient déjà surtaxés.

D’ici la fin de l’année, la totalité des importations en provenance de Chine, soit près de 540 milliards (475,2 mds €) sur la base de celles de 2018, sera surtaxée avec une dernière salve prévue le 15 décembre.

De son côté, le gouvernement chinois a prévu de répondre en augmentant des tarifs douaniers sur 75 milliards de dollars (66 mds €) de biens américains en deux temps et aux mêmes échéances.

Face à ces nouvelles taxes, Donald Trump a tenté d’apaiser la tension : «je ne peux rien dire mais nous parlons avec la Chine», a-t-il dit. «Nous avons des conversations avec la Chine. Des réunions sont programmées. Des appels sont en cours», a assuré ce dernier.

Souhaitant coûte que coûte un accord, il a dit supposer que «la réunion de septembre continue d’être d’actualité. Cela n’a pas été annulé. Nous allons voir ce qui se passe». De son côté, le gouvernement chinois n’a pas confirmé la tenue de tels entretiens ou réunions.

Depuis mars 2018, Donald Trump s’est lancé dans une guerre douanière destinée à imposer un traité mettant fin à des pratiques commerciales jugées déloyales de la Chine, telles que le transfert forcé de technologies américaines et la subvention massive des entreprises d’Etat chinoises.

Pour de nombreux économistes, cette stratégie est pour le moment inefficace, même si elle pèse quelque peu sur l’économie chinoise : baisse des exportations et des importations, ralentissement de la croissance économique…

Les autorités chinoises refusent de négocier sous la menace et se montrent inflexibles. Une nouvelle escalade des tarifs douaniers devrait impacter la croissance économique chinoise, selon le Fonds monétaire international (FMI). Et au-delà de la Chine, l’économie mondiale, largement soutenue par les échanges commerciaux, va se détériorer, a déploré le Fonds.

Aux Etats-Unis, l’expansion ralentit, même si Donald Trump estime que les tarifs douaniers ne sont «pas le problème», préférant dénoncer la politique monétaire de la Banque centrale. Or la confiance des consommateurs a enregistré en août 2019 la plus forte dégradation depuis décembre 2012, selon une enquête de l’université du Michigan.

«Les données indiquent que l’érosion de la confiance des consommateurs due aux politiques tarifaires est maintenant bien engagée», a expliqué Richard Curtin, l’économiste dirigeant et auteur de cette enquête. Conscient de l’imapct de cette nouvelle escalade, l’administration Trump ne taxera pas certains produits phare des achats de Noël avant le 15 décembre. Car la consommation génère 75% de la croissance économique américaine.