En Chine, 8,6 millions de divorces ont été prononcés en 2020, d’après le ministère des Affaires civiles. Il s’agit d’un nouveau record et surtout presque deux fois plus qu’en 2019.

La pression familiale, une société ultra-concurrentielle, la flambée des prix de l’immobilier, les problèmes de garde d’enfants, le montant élevé de l’éducation des enfants sont autant de raisons qui expliquent que les chinois se détournent du mariage.

Désormais, les jeunes privilégient leur épanouissement personnel. « D’un point de vue positif, le divorce est le reflet d’une société civilisée et d’un réveil des femmes », a déclare Zhu Shenyong est un conseiller matrimonial.

Ce dernier a expliqué à l’Agence France Presse que les aventures extraconjugales et les problèmes d’argent sont aussi les principaux motifs de rupture.

Face à la baisse de la natalité, les autorités tentent d’encourager les habitants à se marier et surtout à le rester. Une nouvelle « période de réflexion » obligatoire de 30 jours a été mise en place en 2020 pour les couples en instance de divorce, contre un délai d’un jour auparavant.

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L’objectif est de prévenir les divorces « coups de tête ». Mais pour certains défenseurs des droits, cette situation risque de piéger des femmes victimes de mariages violents, d’autant que la période peut être prolongée indéfiniment à la demande d’un des membres du couple.

« La période de réflexion est devenue une période d’agression, qui dévie complètement de l’idée originale. C’est extrêmement injuste pour les victimes de violences conjugales […] qui tentent d’échapper à un mariage malheureux », a affirmé à l’AFP Wang Youbai, avocat à Canton.

Plusieurs provinces de Chine ont mis en place des consultations obligatoires pour des dizaines de milliers de jeunes couples ou ceux qui sont sur le point de divorcer. Ainsi, la mairie de Wuhan (centre de la Chine) a mit en place la « période de réflexion« , lui permettant de sauver deux mariages sur trois sur le seul mois de janvier.

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A Beijing, des conseillers sont stationnés en permanence dans les bureaux d’enregistrement des mariages, ce qui a profité à 43 000 couples depuis 2015, avec un taux de réussite de « plus de 60 % », selon les autorités municipales.