samedi, mai 18

Le G20, un moyen de comprendre la Chine

Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, Luigi Gambardella, président de l’association ChinaEU a assuré que « jusqu’à présent, il y a un manque de compréhension vis-à-vis de la Chine, et j’espère que les dirigeants (qui assisteront au sommet) étendront leur compréhension de la Chine« .

Pour ce dernier, il est important que les membres du G20, prévu les 4 et 5 septembre à Hangzhou, essaient « de comprendre la Chine » et surtout de « mieux comprendre son choix stratégique ». En effet, depuis le ralentissement économique de la Chine l’an dernier, les avis divergent sur la politique économique menée par Beijing.

Pas les moyens, ni l’envie de sauver la croissance mondiale

Vu comme l’eldorado au cours de ces trente dernières années, pou son taux de croissance à deux chiffres, la Chine a décidé cette année de prévenir qu’elle ne pourrait pas à elle seule enrayer les turbulences liées au Brexit et l’essoufflement de l’économie mondiale.

De nombreux enjeux économiques et sociaux attendent la Chine
De nombreux enjeux économiques et sociaux attendent la Chine

D’autant plus que face à l’incertitude autour du Brexit, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse en juillet ses prévisions de croissance mondiale à 3,1% en 2016 et 3,4% 2017, soit 0,1 point de pourcentage de moins que lors de ses prévisions d’avril dernier.

Face aux répercussions de la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne, il ne faudra pas se reposer uniquement sur les efforts de relance de Pékin, a souligné le Premier ministre Li Keqiang, qui souhaite « davantage de coordination » des politiques des grandes économies du globe.

Même si la 2nde puissance économique mondiale reste un moteur essentiel de la croissance planétaire, son récent ralentissement pousse les autorités à changer de cap et de partenaires.

Beijing a invité de nombreux pays en voie de développement venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, afin de marquer sa différence et surtout de mettre en avant la nécessité de commercer avec ces pays, dont les économies progressent.

« Il est impossible de porter le fardeau du monde entier sur nos épaules », a martelé Li Keqiang. Ce dernier prône pour « une économie mondiale ouverte et le maintien des systèmes commerciaux bilatéraux et multilatéraux ».

Ce dernier tient également à ce que le G20 « dynamiser le commerce international et les investissements au profit des pays tant industrialisés qu’en développement. Enfin, il doit donner aux pays en développement davantage de voix pour doper l’économie mondiale ».

Une transition complexe

Le FMI s’est alarmé de la conjoncture précaire de la Chine, assurant que « si elle n’est pas gérée correctement, la transition vers un modèle de croissance plus durable accroîtra la volatilité » mondiale.

Beijing tente de rééquilibrer son modèle économique la consommation intérieure, l’innovation et les services, au détriment de l’industrie lourde devenue obsolète, endettée et plombée par de colossales surcapacités.

La dette des entreprises s'élève à 152%, surtout les industries lourdes publiques
La dette des entreprises s’élève à 152%, surtout les industries lourdes publiques

Cependant prévient le Fonds, « l’utilisation continue du crédit pour soutenir l’activité  augmente le risque d’un ajustement désordonné ». En effet, le crédit permet de financer les dépenses d’infrastructures et les prêts aux entreprises publiques, faisant accroître une dette nationale, déjà bien élevée à 250% du PIB en 2015. La dette des entreprises s’élève désormais à 152% (du PIB), concentrée dans les industriels étatiques.

Cependant, pour certains analystes une baisse supplémentaire des taux d’intérêt et une hausse des dépenses publiques permettraient de relancer l’économie du pays. « Les infrastructures resteront un secteur-clef sur lequel se reposeront les dirigeants pour stabiliser la croissance », les chantiers ayant les effets « les plus efficaces » à court terme, a expliqué à l’AFP, Rong Jing, analyste de BNP Paribas.

Il apparait évident que le gouvernement doit intervenir pour pouvoir endiguer la chute de la croissance. Car « sans interventions efficaces, la croissance va inexorablement ralentir (…) les investissements en Chine sont menacés de chute libre, plombés par le vif ralentissement des secteurs manufacturiers et privés« , a estimé Li-Gang Liu, de Citi Research.

« Si des mesures de relance exigent une rapide accumulation de dette, c’est mauvais pour le développement de la Chine sur le long terme« , a indiqué Brian Jackson, de IHS Economics. Pour ce dernier, « il faudrait mieux passer par une ou deux années douloureuses pour arriver à un modèle de développement plus durables ».

« Mais évidemment les choix politiques du gouvernement », soucieux de préserver la stabilité sociale et sa propre crédibilité, « peuvent différer » a souligné Brian Jackson.

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