L’ancien président philippin Fidel Ramos a quitté ce lundi son pays pour se rendre à Beijing, afin d’entamer les pourparlers préliminaires avec les responsables chinois concernant la mer de Chine méridionale.

Le président Rodrigo Duterte a nommé le 14 juillet un envoyé spécial pour réparer les liens effrités entre la Chine et les Philippines à la suite de la décision de l’ancien gouvernement de Benigno Aquino de porter le différend en mer de Chine méridionale devant la Cour permanente d’arbitrage.

Alors que Manille tente de minimiser l’impact de cette décision sur sa relation avec Beijing, le gouvernement chinois a rappelé sa position, qui atteste que la décision du tribunal de la CPA du 12 Juillet est « nulle et non avenue, sans force contraignante ».

A la suite de ce verdict, Beijing a appelé au dialogue entre les parties concernées, une volonté partagée par le nouveau président Rodrigo Duterte, entré en fonction le 30 juin. Pour l’heure, aucun détail n’a été communiqué sur le voyage de Fidel Ramos en Chine.

Pour le porte-parole présidentiel Ernesto Abella, l’ancien président a été choisi pour sa « sagesse »  afin d’entamer les échanges de manière sereine. Aileen Baviera, professeur d’études asiatiques à l’Université des Philippines, familière des affaires chinoises, a expliqué à l’agence de presse Xinhua que Fidel Ramos est « une bonne personne pour faire face à la Chine à ce stade » des échanges.

« Je ne pense pas (que Rodrigo Duterte) enverra Fidel Ramos négocier, juste pour briser la glace, je pense qu’il va communiquer et signaler l’attitude générale du gouvernement philippin », auprès des autorités chinoise a-t-elle souligné.

D’autant plus que Fidel Ramos « maintient toujours de bonnes connexions de haut niveau avec les chinois, et il n’a pas été identifié avec à l’ancien président Aquino Benigno« . L’ancien président avait au contraire « été très critique sur certains chefs d’accusation » à l’encontre de Beijing.

De son côté, Zhang Jie, chercheur d’études Asie-Pacifique à l’académie chinoise des sciences sociales, a expliqué au site  philippin Inquirer.net qu’il est peu probable que Manille  mette complètement de côté la décision arbitrale car cela lui donne une base de négociation.

« La Chine a des besoins politiques, tandis que les Philippines a des besoins économiques. Les deux pays devraient faire preuve de souplesse pour permettre le dialogue et la négociation« , a estimé l’universitaire.

Cette dernière a indiqué qu’à l’heure actuelle les échanges se feraient avec des contacts de niveau inférieur, des discussions informelles, « nous ne devrions pas avoir trop d’attentes » à ce stade là.