Le guqin (古琴 : kouts’in; littéralement « instrument à cordes ancien »), ou qin, est un instrument de musique traditionnel chinois à cordes pincées de la famille des cithares.

Le Guqin est apparu il y a environ 3 000 ans. « Le Guqin et sa musique » ont été inscrits par l’UNESCO en 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Cet instrument traditionnel rudimentaire ne possédait à l’origine qu’une ou quelques cordes. À la fin du IIIe siècle, le Guqin à sept cordes était utilisé pour exprimer le changement de son, de timbre et de volume de la musique.

La caisse du Guqin a une longueur de 110 cm. Ses deux extrémités ont une largeur de 17 et 13 cm respectivement. La table est en aleurite ou en sapin, et la plaque du fond est en catalpa. La table comporte sept cordes placées sur sept ponts amovibles, qui sont utilisés pour accorder l’instrument. La plaque du fond est percée de deux trous qui servent à émettre le son.

La main droite de l’artiste pince les cordes avec un plectre (baguette servant à gratter les cordes de la lyre), la main gauche touche les cordes afin de produire non seulement la tonalité voulue, mais aussi une multitude de timbres.

À l’origine, le Guqin se jouait au sein de groupe de musique de cour impériale. Depuis le XIXe siècle, il est devenu un instrument soliste. Son répertoire s’est étendu et sa technique est devenue plus complexe. Un artiste doit avoir un doigté et une dextérité hors du commun pour jouer et toucher son public.

Dans la Chine ancienne, il n’y avait que quatre Guqin : deux furent nommés respectivement Haozhong et Raozhong, à l’époque des Royaumes combattants (403-222) et deux autres, Lüqi et Jiaowei, sous la dynastie des Han (206-220).

Cai Yong (133-192), grand musicien des Han de l’Est (25-220), sauva un bois d’aleurite brûlé, et demanda à un grand maître de fabriquer un Guqin. Ayant un joli timbre, cet instrument de musique en bois brûlé fut appelé Jiaoweiqin.

Dans la Chine antique, le Guqin était considéré comme un objet sacré qui battait permettant aux artistes de transmettre des émotions, souvent en soutien de la prose.

Cet instrument de musique à 7 ou à 25 cordes permet d’exprimer la nature, les sentiments, mais aussi de donner des sons pouvant retranscrire des éléments de la société.

D’ailleurs, un jour, alors que Confucius (551-479) jouait de son Guqin dans sa chambre, Yan Hui, un de ses disciples, l’interrompu. Il fut surpris d’entendre un son belliqueux et féroce sortir du Guqin. Il demanda à Confucius pourquoi il jouait de cette façon. Celui-ci lui répondit : « Alors que je jouais de mon Guqin, j’ai aperçu un chat qui chassait un rat. Ma peur que le chat échoue s’est exprimée à travers mon Guqin. »

Confucius a écrit dans son Lunyu (Les Entretiens) que «quand j’entendais de belles musiques dans le royaume de Qi, j’oubliais même le goût de la viande que j’y avais mangée pendant les trois mois de mon séjour».

Parmi les instruments de musique cérémoniels, le Guqin se classait en tâte, un peu comme le « premier violon » d’un orchestre. L’étude du Guqin était un cours obligatoire dans les enseignements de Confucius.

Les musiciens de l’Antiquité estimaient qu’on ne devait pas jouer du Guqin pendant six périodes interdites : Dahan (Grand froid), Dashu (Grandes chaleurs), Dafeng (Grand vent), Dayu (Forte pluie), Xunlei (Foudre rapide) et Daxue (Grande neige).

De plus, il y avait sept occasions où l’on ne devait pas jouer de classique : aux funérailles ; quand on joue d’un instrument à vent ; lors d’un grand événement ; si le corps n’est pas fraîchement lavé ; si on a une tenue négligée ; si l’on brûle de l’encens.

Selon certaines œuvres littéraires, jouer du Guqin pouvait, comme par magie, faire hurler le vent, soulever une tempête de poussière jaune qui obscurcit le ciel et la terre et faire tourner la tête de l’ennemi.

Le Guqin est un instrument de musique distingué qui servait principalement aux nobles et aux fonctionnaires. Il existe à peu près plus de 300 classiques. Le classique « Meihuasannong » était l’air de musique le plus renommé durant l’Antiquité. Cet air faisait l’éloge de l’homme de haute moralité et à l’esprit désintéressé en le comparant aux qualités du prunier. Le classique « Pingshaluoyan » exprimait, à l’aide des paysages pittoresques de l’automne (ciel dégagé, air vif, climat tempéré, oies sauvages et bancs de sable), les sentiments humains.