Quelques centaines de Tibétains ont manifesté le 3 février devant le siège du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse).

Ils étaient menés par un activiste chaussé de skis, traînant le drapeau chinois derrière lui, afin de protester contre l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Pékin.

Venus de toute l’Europe, les manifestants tibétains ont parcouru les trois kilomètres séparant le siège du CIO au musée olympique à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver à Pékin, ce 4 février.

Plusieurs portaient des drapeaux tibétains et des masques à ses couleurs. Ils défilaient sous des bannières appelant au boycott des Jeux, dénonçant les « Jeux de la honte » et proclamant « Arrêtez les violations des droits humains au Tibet ».

L’artiste tibétain Loten Namling, qui vit en Suisse depuis 32 ans, menait la manifestation sur des skis sur lesquels était peint le mot « liberté ». « La raison pour laquelle je traîne le drapeau chinois est que la Chine a détruit mon pays, la Chine a détruit ma culture. Qu’ils réalisent combien c’est dur pour nous », a-t-il déclaré à l’Agence France Presse.

Les opposants tibétains dénoncent l’influence de Pékin sur le Tibet, et accusent la Chine de mener une répression religieuse et culturelle. Les manifestants ont défilé en scandant les slogans « Pas de droits, pas de Jeux » et « Jeux de Pékin, jeux du génocide ».

Plusieurs d’entre eux sont montés sur le toit surplombant l’entrée du siège du CIO, où ils ont déployé une bannière noire portant l’inscription « Non à Pékin 2022 ».

Karma Choekyi, présidente de la communauté des Tibétains de Suisse, est à l’origine de ce rassemblement. Elle a reproché au mouvement olympique et à ses partenaires financiers d’avoir fermé les yeux sur la situation des libertés civiques en Chine.

« Le régime communiste chinois est renforcé et estime que ces Jeux légitiment son droit à réprimer les droits humains (…). Nous condamnons le CIO et les sponsors pour avoir permis que cela se produise », a-t-elle ajouté.

Une manifestation a également mobilisé une cinquantaine de personnes à Los Angeles devant le consulat de Chine.

Kevin Young, membre des « Amis du Tibet » de la ville californienne de Santa Barbara, a déclaré que les JO d’hiver à Pékin étaient destinés à faire oublier les abus du gouvernement chinois. « Je ne veux pas que les violations des droits humains, la torture au Tibet, à Hong Kong, contre les Ouïghours, soient minimisées à cause de ces Jeux olympiques », a-t-il déclaré à l’Agence France Presse.