Le congrès de l’Armée rouge de décembre 1929 a eu lieu au pied de la montagne Bijia, dans le village de Gutian, au Fujian.

Le site était à l’origine un temple ancestral de Liaojia construit à la fin de la dynastie Qing (1644-1911). Le bâtiment est devenu une école primaire de Hesheng, après la fondation de la République Chine (1912-1949).

Aujourd’ui, la tribune, le logo de la conférence, le drapeau du parti, les portraits de Marx et de Lénine, les sièges des délégués ont été réinstallés. Le site est un lieu phare du tourisme rouge.

En décembre 1929, l’Armée rouge (ancêtre de l’Armée Populaire de Libération) organise son 9ème Congrès du Parti Communiste Chinois, créé en 1921. Le Congrès Gutian ou Conférence Gutian ( chinois simplifié : 会议 ; chinois traditionnel : 會議 ) était composé en grande partie par des militaires.

L’objectif est de faire le bilan du parti et des avancées de l’armée, depuis le soulèvement de Nanchang (1927) et la fuite subséquente des troupes rebelles vers le sud.

Le rapport sur la propagande de Mao Zedong a été adopté lors de cette conférence. Son document devient d’ailleurs la célèbre résolution de la conférence de Gutian, qui énonçait les principes de base pour la construction du parti et de l’armée, faisant de la conférence de Gutian une conférence importante dans l’histoire du parti communiste chinois.

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Mao Zedong a prononcé un discours retentissant sur la propagande du parti lors de cette conférence. Ainsi, la résolution du Congrès Gutian, également intitulée « Corriger les idées erronées au sein du parti », est à la source de cet événement. Une des sélections de ce texte significatif qui sera plus tard incluse dans le petit livre rouge de Lin Biao est la suivante:

Dans le domaine de la théorie, détruisez les racines de l’ultra-démocratie. Tout d’abord, il convient de souligner que le danger de l’ultra-démocratie réside dans le fait qu’elle endommage – ou même détruit – complètement l’organisation du parti et affaiblit – ou même sape complètement – la capacité de combat du parti, le rendant ainsi incapable de s’acquitter de ses tâches et provoquant la défaite de la révolution. Il convient de souligner ensuite que la source de l’ultra-démocratie réside dans l’aversion individualiste de la petite bourgeoisie pour la discipline. Lorsque cette caractéristique est introduite dans le parti, elle se transforme en idées ultra-démocratiques sur les plans politique et organisationnel. Ces idées sont totalement incompatibles avec les tâches de combat du prolétariat

La résolution a fait de l’Armée rouge un organe de « propagande de masse » ( qunzhong xuanchuan ) en plus d’être une force de combat militaire. La résolution consolide la position de leader absolu du Parti communiste sur l’Armée rouge. Ainsi, l’Armée rouge avait pour but « de servir des fins politiques ».

La résolution a également appelé à la critique de ce qui était perçu comme une délibération et des délibérations démocratiques excessives au sein de la force de combat (« ultra-démocratie »), préférant un centralisme démocratique dans lequel la minorité acceptait de se conformer aux décisions de la majorité, à des niveaux inférieurs exécutant des décisions sans équivoque, faites par les dirigeants, et que les idées erronées doivent être « corrigées par la critique idéologique ».