Le bureau des affaires chinoises de Hong Kong a averti ce 6 mai que la ville ne sera jamais calme, sauf si les « manifestants violents vêtus de noir » sont tous supprimés, les décrivant comme un « virus politique » qui cherche à obtenir l’indépendance.

Cette déclaration alimente l’inquiétude des militants pro-démocratie, qui dénoncent la main mise croissante de Beijing dans les affaires intérieures de la région administrative spéciale. D’autant plus que la pandémie actuelle a rapidement limité les actions des manifestants, qui n’ont pu continuer leur mouvement de protestation.

Le bureau des affaires de Hong Kong et de Macao a averti que le gouvernement central chinois ne restera pas les bras croisés « avec cette force insensée et démente en place » et qu’il détient la plus grande responsabilité dans le maintien de l’ordre et la sauvegarde de la sécurité nationale.

« L’action de la terre brûlée des manifestants violents vêtus de noir est un virus politique dans la société hongkongaise et un grand ennemi » du principe Un pays, deux systèmes, a indiqué le bureau dans un communiqué. « Tant que les manifestants ne seront pas renvoyés, Hong Kong ne sera jamais calme », ​​a-t-il déclaré.

Hong Hong est secoué depuis juin 2019 par des mouvements massifs de protestations politiques qui ont parfois pris des tournants violents. Cette vaste contestation est née du projet de loi d’extradition – retiré en septembre 2019 – qui aurait permis d’envoyer des personnes en Chine continentale pour y être jugées.

De nombreux jeunes manifestants vêtus de noir ont mené des batailles avec la police de Hong Kong alors que les manifestations devenaient des appels à une plus grande démocratie.

Les manifestants ont par la suite fait évoluer leurs revendications, en assurant que Beijing cherchait à éroder le style de gouvernance «un pays, deux systèmes» qui garantit de larges libertés à Hong Kong depuis la rétrocession en 1997.

De son côté, le gouvernement chinois rejette les critiques selon lesquelles il cherche à empiéter sur les libertés chères à la ville.

La police anti-émeute de Hong Kong a dispersé une foule de 300 militants pro-démocratie, certains vêtus de noir, à la fin du mois d’avril – la première manifestation importante depuis que le gouvernement a interdit fin mars les réunions publiques pour lutter contre les infections à coronavirus.

De plus, 15 militants ont été arrêté en avril, dont des politiciens chevronnés, un magnat de l’édition et des avocats de haut rang, remettant le mouvement de protestation sous les projecteurs. Ces arrestations ont été condamnés par Washington et des groupes internationaux de défense des droits.

Le 2 mai, le plus haut bureau de représentation de Beijing à Hong Kong a condamné ce qu’il a qualifié de radicaux extrêmes, les militants ayant organisé des rassemblements illégaux pendant les vacances de la fête du Travail et les a accusés de porter atteinte à l’état de droit.

Une guerre des mots s’est intensifiée ces dernières semaines, le plus haut fonctionnaire de Beijing à Hong Kong a exhorté le gouvernement local dirigé par Carrie Lam à travailler pour promulguer une législation sur la sécurité nationale « dès que possible », alimentant des inquiétudes sur ce que beaucoup considèrent comme une atteinte aux libertés du territoire.

La peur que Beijing ne se resserre son emprise sur Hong Kong risque de relancer les manifestations antigouvernementales après des mois de calme relatif, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et des règles de distanciation sociale pour freiner la propagation du coronavirus.