Le message #JeNeSuisPasUnVirus a fait mouche sur les réseaux sociaux, plusieurs centaines de personnes ont relayé le message ou se sont exposées avec une feuille blanche devant le visage pour dénoncer d’une part se défendre, et d’autre part alerter l’opinion du racisme constant que subissent les chinois et les asiatiques en général.

Moqueries à l’école, insultes dans les transports en commun, regards insistants, injures directs ou sur les réseaux sociaux : le phénomène a été dénoncé sur les réseaux sociaux.

Sun Lay Tan, agent d’artiste de profession, dit avoir été choqué lorsque l’homme à côté de qui il s’était assis dans le métro parisien s’est décalé et a mis son écharpe devant sa bouche, comme pour se protéger du virus. « Ça m’a profondément blessé », a indiqué ce dernier à l’agence de presse Reuters. Ce français, d’origines chinoises et cambodgiennes, a expliqué : « je me suis senti très stigmatisé ».

Laëtitia Chhiva raconté la mésaventure d’un étudiant d’origine chinoise qui a essuyé des invectives, à Strasbourg, de la part d’une femme dans un supermarché. Après lui avoir demandé s’il était porteur du virus, elle lui a ordonné de ne pas toucher à l’étal des avocats.

« Ce qui se comprend, c’est la peur et la crainte », a-t-elle expliqué à Reuters, « mais ce qui ne s’explique pas, c’est la stigmatisation à cause de cela d’une population asiatique de plus d’un million de personnes en France et qui n’a strictement rien à voir.”

«Avant le coronavirus, la plupart des membres de notre communauté étaient passifs. Maintenant, les jeunes, dès qu’ils voient un post qui les choque, ils nous l’envoient», a expliqué Laetitia Chhiv, présidente de l’Association des jeunes Chinois de France, au journal Le Figaro.

«Nous sommes devenus le lien entre les médias et les victimes», a assuré cette dernière, déplorant que «beaucoup de gens ne savent pas que nous sommes aussi victimes de racisme, on prend souvent ça pour des blagues, il y a tout un travail de sensibilisation à faire».