Le Premier ministre canadien Justin Trudeau est critiqué pour avoir approuvé début juin l’achat de Norsat par Hytera Communications au terme « d’une évaluation attentive » des risques en matière de sécurité nationale.

L’opposition au Parlement demande le rejet de l’achat de la société canadienne d’équipements et de transmissions satellites Norsat International, au nom de la sécurité nationale.

La transaction est en suspens, car Norsat a accepté d’examiner l’offre hostile d’un fonds spéculatif américain, supérieure de 2% aux 66 millions de dollars (58,7 millions d’euros) proposés par la société chinoise.

Une opposition farouche contre ce rachat 

Les partis d’opposition, deux anciens hauts responsables des services de renseignement, ainsi qu’une commission du Congrès américain se sont dits inquiet de ce rachat car Norsat a également comme clients le Pentagone et l’armée de Taïwan.

« Le Premier ministre compromet notre sécurité nationale », a accusé devant la presse, le chef de l’opposition conservatrice, Andrew Scheer. Justin Trudeau a répondu que « nos experts en sécurité nationale ont évalué la transaction et la technologie (concernée) et conclu qu’il n’y avait pas de préoccupations concernant la sécurité nationale », ajoutant avoir consulté « nos alliés et dans ce cas précis, nous avons directement consulté les Etats-Unis ».

L’opposition soupçonne le gouvernement d’avoir rapidement approuvé ce rachat pour plaire à la Chine, avec qui le Canada envisage de conclure un accord de libre-échange.

Les conservateurs comme les sociaux-démocrates réclament un examen complet des risques, conformément à la loi sur les investissements étrangers au Canada. Cependant, pour le Syndicat des Metallos au Canada, cet accord va durement touché les travailleurs et les principales industries du pays.

Ken Neumann, directeur national du Syndicat des Métallos a assuré dans un communiqué qu’il « n’est pas actuellement dans l’intérêt du Canada de conclure un accord commercial avec la Chine » car « les négociations entourant un accord commercial avec la Chine obligeraient inévitablement le Canada à compromettre son intérêt national, ses valeurs ou les deux ».  

Chinois et Canadiens tentent de s’accorder

Premier Ministre, Justin Trudeau et l’Ambassadeur de Chine au Canada, Luo Zhaohui

Les Premiers ministres chinois Li Keqiang et canadien Justin Trudeau se sont entretenu au téléphone, le 20 juin, afin de discuter de leurs relations bilatérales et des questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Un dialogue stratégique a été établi entre les deux pays dans les domaines économiques et financières, et que « la 3ème étape de l’enquête de faisabilité sur la création d’une zone de libre-échange commune était sur le point de commencer« .

Justin Trudeau tient à accroître les échanges commerciaux avec la Chine, qui en 2015, ont augmenté de 10%, à 86 milliards de dollars canadiens (58,15 milliards d’euros). Li Keqiang a affirmé que la Chine était disposée à mieux coordonner sa stratégie de développement avec celle du Canada, ainsi qu’à promouvoir une coopération approfondie sur des bases de confiance et de respect mutuels dans des domaines tels que le commerce, les investissements, les énergies propres, la protection de l’environnement, l’agriculture …

Beijing tient également à « coopérer activement avec le Canada pour développer des marchés tiers, à faire des efforts concertés avec lui pour promouvoir la libéralisation du commerce et des investissements, et plus généralement à parvenir à un meilleur développement des relations sino-canadiennes ».

De son côté, Justin Trudeau aurait assuré que le Canada était désireux :

  • de maintenir des échanges à haut niveau avec la Chine ;
  • de promouvoir une coopération pratique avec elle dans divers domaines ;
  • de soutenir autant que possible les discussions exploratoires portant sur la zone de libre-échange Canada-Chine ;
  • de développer les points forts de sa coopération avec la Chine dans des domaines comme le tourisme ;
  • d’établir une coordination et une communication étroites avec la Chine sur les questions régionales et internationales.