Face au retrait de Washington de l’Accord de Paris, l’Inde et la Chine s’engagent ardument face au réchauffement climatique, en dépit de leurs handicaps économiques.

Les croissances chinoise et indienne poussent à une utilisation plus soutenue des énergies fossiles. Pour autant, les deux pays ont adopté des politiques volontaristes en matière d’énergies renouvelables.

La Chine est devenu le plus grand investisseur mondial dans les énergies vertes, et est désormais un  immense laboratoire pour appliquer des solutions innovantes en matière de gestion raisonnée de la consommation, dans le domaine des transports, du bâtiment, de la ville. De son côté, l’Inde a pris des positions importantes dans l’éolien, et encourage la production d’énergie, notamment solaire, pour pallier les coupures d’électricité régulières.

Dès 2020, l’Inde et la Chine représenteront 30% de la demande mondiale d’énergie primaire, avec une consommation multipliée par 2,5 en vingt ans. Or, les efforts réalisés par les deux pays en matière de consommation de charbon devraient permettre de freiner la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre au cours des prochaines années, selon l’analyse du projet Climate Action Tracker (CAT), spécialisé dans l’analyse et le suivi des émissions de gaz à effet de serre et des mesures entreprises par les Etats pour lutter contre le réchauffement climatique.

« Le leadership mondial sur le climat est en train de changer: les développements positifs en matière d’utilisation du charbon en Chine et en Inde réduiront vraisemblablement la croissance prévue des émissions de carbone dans le monde d’environ deux à trois milliards de tonnes d’ici 2030 en comparaison avec les prévisions faites il y a un an« , a indiqué le CAT.

Le désistement des Etats-Unis va pousser la Chine et l’Inde à faire mieux que leurs contributions actuellement prévues dans le cadre de l’accord de Paris, selon le Climate Action Tracker. En effet, la consommation chinoise de charbon s’est réduite entre 2013 et 2016, cette baisse devrait se poursuivre. Quant à l’Inde, elle devrait remettre en cause la construction de centrales au charbon. Si l’Inde met en oeuvre sa politique environnementale, elle devrait ralentir la croissance de ses émissions de CO² au cours des dix prochaines années.