À l’occasion de la réunion des coordonnateurs sur la mise en œuvre des actions de suivi de la 8ème Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi a rappelé les engagements de la Chine envers ses partenaires africains.

Ce dernier a indiqué que « la Chine tient parole avec des actions concrètes et continuera de faire de la satisfaction des besoins de l’Afrique l’objectif de sa coopération avec l’Afrique. Nous travaillerons avec l’Afrique pour mettre pleinement en œuvre les ‘neuf programmes’ et faire progresser la coopération de haute qualité », dans le cadre de l’Initiative La Ceinture et la Route.

Le ministre a également annoncé que « la Chine renoncera aux 23 prêts sans intérêt pour 17 pays africains qui étaient arrivés à échéance à la fin de 2021 ». Aucune autre précision n’a été délivrée, ni sur les montants, ni concernant les pays bénéficiant de cette annulation de dettes.

Cette annulation de dette n’est pas la première. La Chine s’était engagée à des opérations de restructuration de dettes, au Congo, en Angola, en Mauritanie, ou encore dernièrement en Zambie.

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« Face à l’incapacité des États à rembourser, c’est un geste symbolique de la part de Pékin », a estimé le chercheur indépendant, Thierry Vircoulon à Radio France International. Pour le secrétaire d’État américain Antony Blinken, récemment en déplacement en Afrique, le «piège de la dette» de la Chine envers les pays africains se traduit par la détention de 30% de la dette publique africaine par la Chine. Selon lui, la Chine est devenue l’un des plus gros créanciers du continent, notamment dans des pays comme Djibouti, la Guinée ou le Cameroun.

Cependant, une étude récente atteste que les créanciers privés occidentaux détiennent trois fois plus de dettes des pays africains que la Chine, selon une étude de l’ONG britannique Debt Justice.

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Intitulée «La crise croissante de la dette dans les pays à faible revenu et les réductions des dépenses publiques» (The growing debt crisis in lower income countries and cuts in public spending), l’étude précise que 12% des 696 milliards de dollars de dettes extérieures du continent sont dus à des créanciers chinois publics et privés contre 35 % dus à des prêteurs privés occidentaux, 39% à des institutions multilatérales (Banque mondiale, FMI, BAD etc.) et 13% à d’autres créanciers publics.