Après 43 années de relations diplomatiques et économiques florissantes, la tension s’intensifie entre les togolais et les chinois. Alors que sur le plan politique et diplomatique, les dirigeants se félicitent des échanges bilatéraux, des centaines d’ouvriers dénoncent les conditions de travail jugées « esclavagistes » imposées par les chinois. Un an après, la tension reste vive selon l’Observateur de France 24.

« Négriers chinois dehors ! Négriers chinois dehors ! », ont scandé des centaines d’ouvrier togolais devant le Ministère du travail, en novembre 2014. Venu faire un sit-in pour dénoncer leurs conditions de travail, le porte-parole des ouvriers, Gavor Kodjo, avait exigé « des contrats de travail en bonne et due forme avec la prise en compte des heures supplémentaires, d’ancienneté, la déclaration à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale du Togo, ndlr) ».

Plusieurs grèves ont eu lieu en 2014 pour « les violences faites sur les employés sur les lieux de travail et le licenciement abusif ». En témoigne, un jeune ouvrier togolais auprès du journaliste de Togo Actualités. Ce dernier a expliqué travailler depuis 3 ans dans une société chinoise de construction, mais « je n’ai aucun contrat quand nos chefs viennent nous ne sommes rien pour eux. Ils ne savent pas que nous sommes des humains ».

D’ailleurs, « à chaque fois que nous allons à l’inspection du travail, ils donnent toujours raison aux chinois. A chaque fois, ils te disent que tu es licencié. Je suis machiniste, et chaque fois que je veux uriner c’est le sang qui sort ».  Ce dernier était présent de le Ministère du Travail pour dénoncer les horaires de nuit sous-payés, les journées de travail de près de 20 heures, le mépris et le racisme de l’employeur, l’absence de mesure de sécurité, des salaire dix fois inférieur que celui d’un chinois au même poste, …

Le phénomène a prit une réelle ampleur, lors que les manifestants ont vu des associations de défense des Droits de l’homme s’associer à leur mouvement. La Fédération des travailleurs du bois et de la construction du Togo, le mouvement « Martin Luther King-Voix des sans voix » et le parti des travailleurs de Claude Améganvi, se sont joints aux protestataires pour exiger la fin des licenciement abusifs et de meilleurs conditions de travail.

Contacté par des journalistes de France 24, le colonel, Gnama Latta, directeur de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) qui supervise le chantier de Wuitec, entreprise chinoise de construction, a assuré avoir informé les employeurs chinois « que ces tranches horaires n’étaient pas acceptables« . Ce dernier a indiqué qu’il s’était assuré que « les responsables de l’entreprise donnent des instructions fermes à leurs ouvriers stipulant que ceux qui seraient violents avec leurs collègues togolais seraient rapatriés ».

Pour l’Observateur de France 24, Frédéric Attipou, également journaliste à Lomé, les revendications des ouvriers ont peu de chance d’aboutir, car « le gouvernement considèrera que leurs revendications sont de nature politique ».

Ce dernier a expliqué que depuis « cinq ou six ans, on voit de plus en plus de sociétés chinoises s’implanter au Togo. Le cas des employés de Wuitec n’est pas le seul mauvais exemple : j’ai enquêté sur d’autres entreprises, et il a des cas de violations de droits sociaux partout, notamment en terme de paye : il arrive que des Togolais touchent à peine 1 500 francs CFA (2,30 euros) pour des sessions de travail de 14 heures ».