Le gouvernement considère comme une «calomnie» la lettre envoyée par 22 pays aux Nations Unies, pour dénoncer l’internement de membres de minorités ethniques dans la région du Xinjiang.

Depuis une série d’attentats sanglants attribués à des membres de l’ethnie turcophone et musulmane des Ouïghours, Beijing impose des mesures de sécurité strictes dans cette région autonome.

La Chine est soupçonnée d’y avoir interné jusqu’à un million de personnes dans des camps de rééducation. Or le gouvernement dément ce chiffre et parle de «centres de formation professionnelle» destinés à enseigner des connaissances et à lutter contre la radicalisation islamiste.

La lettre, signée par 21 pays occidentaux et par le Japon, «lance des accusations gratuites, attaque et calomnie la Chine», a déclaré Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Selon le texte «politise ouvertement la question des droits de l’homme et s’ingère grossièrement dans les affaires intérieures chinoises», a-t-il souligné lors d’une conférence de presse régulière.

Cette lettre, signée notamment par la France, l’Australie, le Royaume-Uni, la Suisse et les Pays-Bas, a été adressée à la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, et au président du Conseil des droits de l’Homme, Coly Seck.

Les co-signataires se disent «préoccupés par les rapports crédibles faisant état de détentions arbitraires (…), ainsi que de surveillance généralisée et de restrictions, ciblant particulièrement les Ouïghours et d’autres minorités dans le Xinjiang, en Chine».

La Chine s’est également défendue ce 12 juillet après plusieurs déclarations récentes de dirigeants étrangers. La présidente slovaque, Zuzana Caputova, suite à un entretien à Bratislava avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, s’est alarmée de la situation des droits de l’homme «qui se détériore», selon elle, dans le pays asiatique.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, a estimé que les Etats qui maltraitent les journalistes doivent en payer le «prix diplomatique», citant notamment l’emprisonnement de militants en Chine.

Geng Shuang a réagi en soulignant que le ministre Wang Yi avait souligné lors de sa rencontre avec la présidente slovaque «les énormes progrès» réalisés par son pays en matière de droits de l’homme.

Le porte-parole a également appelé Jeremy Hunt à «ne pas parler de la Chine à tort et à travers» pour tenter de gagner des voix dans la course au poste de premier ministre britannique.