Le gouvernement soutient le secteur des véhicules électriques, alors que les consommateurs sont de plus en plus intéressés par ce type de voitures, ce qui a permit aux entreprises chinoises de dominer leur marché intérieur.

L’ère des voitures à essence approche à sa fin en Chine, car les constructeurs locaux de véhicules électriques sont en train de dynamiser le secteur et de concurrencer les entreprises internationales, selon des analystes et experts de l’industrie interrogés par l’Agence France Presse.

Les constructeurs chinois concurrencent les constructeurs étrangers 

La municipalité de Shanghai organise tous les deux ans le Salon international de l’automobile, qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les constructeurs mondiaux.

Ce salon a montré que les marques chinoises pouvaient « rivaliser avec tous les constructeurs automobiles traditionnels à tous les niveaux – performance, qualité, confort, il n’y a rien qu’elles ne puissent faire », a souligné Elliot Richards, spécialiste des véhicules électriques.

Pour Elliot Richards, « ce salon marque la fin du moteur à combustion interne et le début de l’ère des véhicules électriques ». Dans un tel contexte, les compagnies de voitures électriques ont pris conscience qu’elles commencent à rattraper leurs prédécesseurs carburant aux énergies fossiles.

« Nous considérons les véhicules à essence haut de gamme tels que BMW, Mercedes Benz et Audi comme nos principaux concurrents », a révélé auprès de l’AFP, William Li, PDG de la « Tesla chinoise » Nio.

Les ventes de voitures électriques et hybrides ont doublé en 2022 et représentent plus du quart des véhicules écoulés, un record, selon la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA).

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Malgré le ralentissement mondial du secteur de l’automobile, les véhicules électriques en Chine représenteront cette année plus de 40% de parts de marché, veut croire William Li.

Au Salon de l’automobile de Shanghai, des dizaines de nouveaux modèles étaient exposés, provenant aussi bien de nouveaux constructeurs que d’anciens acteurs. « L’avenir est bien ici, maintenant« , a assuré à l’AFP, Mike Johnstone, un haut responsable de la marque de luxe britannique Lotus. Il y a maintenant une prolifération de produits électriques en Chine, « et cela change tout le marché ».

La Chine a consacré d’énormes ressources à cette industrie. « Ils ont renoncé à développer des moteurs à essence » faute de pouvoir rivaliser avec le reste du monde, a souligné Elliot Richards. Ce dernier a indiqué qu’« ils se sont donc dit: ‘Avec les véhicules électriques, nous pouvons prendre de l’avance sur tous les autres' ».

A partir des années 2000, les gouvernements national et local ont investi des milliards de dollars dans des subventions et des allègements fiscaux pour maintenir et stabiliser le secteur. Ils ont également attribué des contrats de transport public à des entreprises de véhicules électriques.

« C’est ancré dans la nature du système économique du pays: le gouvernement chinois sait très bien concentrer les ressources sur les industries qu’il veut développer », a précisé Zeyi Yang dans la revue MIT Technology Review.

L’infrastructure nécessaire au développement des véhicule électrique a également été développé, avec plus de 5,8 millions de bornes de chargement en Chine. La province de Guangdong possède à elle seule environ trois fois plus de bornes que l’ensemble des États-Unis, selon les données de Bloomberg.

Concernant les marques étrangères ont pu profiter de ces politiques préférentielles. Celles-ci ont même réussi à attirer l’américain Tesla, leader de l’industrie, renforçant la réputation du secteur et stimulant la concurrence.

Un marché dynamique pour tous 

Actuellement, le marché chinois – « le plus dynamique au monde » selon Counterpoint Research – compte plus de 94 marques qui proposent plus de 300 modèles différents.

BYD, l’un des plus gros vendeurs du pays, commercialise des voitures particulières dans une cinquantaine de territoires, dont l’Europe, l’une de ses priorités comme pour de nombreux autres groupes chinois.

Le groupe de Shenzhen (sud de la Chine) s’est fixé pour objectif d’exporter dans le monde 300 000 véhicules cette année, contre 50 000 l’an dernier, selon la télévision publique CCTV.

La marque Zeekr, qui appartient au géant local de l’automobile Geely, a annoncé de son côté qu’elle commercialiserait en fin d’année 2023 de premiers modèles en Suède et aux Pays-Bas, avant une arrivée dans d’autres pays européens.

D’autant que les mentalités autour de la qualité de la production chinoise sont en train de changer, a indiqué Spiros Fotinos, directeur général Europe de Zeekr. « Les consommateurs voient beaucoup de technologies de sécurité innovantes, avec des systèmes d’aide à la conduite qui sont vraiment à la pointe du progrès », a indiqué ce dernier pour l’AFP.

Cependant, Elliot Richards a indiqué que les constructeurs automobiles chinois en Occident devront s’adapter à ce marché, très différent du leur. « Les machines de karaoké dans les voitures, par exemple, très populaires en Chine, ne le sont pas autant en Europe », dit-il.