Les accords de grande valeur ont dominé le paysage des partenariats stratégiques pharmaceutiques en Asie-Pacifique (APAC) en 2020. Dans la région, la Chine est bien en avance sur les autres pays, en particulier dans le domaine de l’oncologie, a révèlé GlobalData, une société de données et d’analyse de premier plan.

Sasmitha Sahu, analyste pharmaceutique chez GlobalData, a expliqué que «la Chine s’est attaquée efficacement à la pandémie du COVID-19 et a relancé ses activités économiques rapidement par rapport aux autres pays de la région. En outre, des essais cliniques accélérés, la mise à jour de la liste nationale des médicaments à rembourser (NRDL), la politique Healthy China 2030 et la demande croissante de traitements de haute qualité stimulent le marché national de l’oncologie».  

Selon le Pharma Intelligence Center de GlobalData, pas moins de quatre transactions de grande valeur ont déjà été conclues au cours des deux premiers mois de 2021 dans la région APAC, dont deux en Chine.

CStone Pharma a concédé à EQRx deux actifs clés d’immuno-oncologie de stade avancé, le sugemalimab (anti-PD-L1) et le CS1003 (anti-PD-1), tandis que Beigene a octroyé une licence au tislelizumab (anti-PD-1) à Novartis. Le tislelizumab a déjà été approuvé en Chine pour le lymphome de Hodgkin classique et le carcinome urothélial localement avancé ou métastatique.

Sasmitha Sahu a indiqué que «les deux accords sont liés soit à des molécules de développement à un stade avancé, soit à des molécules déjà établies en Chine. Il s’agit d’une situation gagnant-gagnant car elle donne la possibilité aux thérapies innovantes développées en Chine d’obtenir un accès mondial, tandis que les sociétés titulaires de licence peuvent tirer parti des avantages en termes de coût et de temps de développement de médicaments associés à des molécules plus courtes sur le marché».

GlobalData révèle que 41 transactions de grande valeur ont été conclues dans la région APAC depuis 2011, dont plus de 24 sont liées à l’oncologie, dont 10 impliquant des entreprises chinoises.

Sasmitha Sahu  a ajouté que «malgré la situation du COVID-19, les transactions valant plus d’un milliard de dollars américains en Chine ont connu une augmentation de 100% d’une année sur l’autre, passant à quatre en 2020 contre deux en 2019.»

Selon le Pharma Intelligence Center de GlobalData, la Chine comptait 3667 essais cliniques en cours pour 1761 médicaments oncologiques au 10 mars 2021.

Sasmitha Sahu a attesté qu’«alors que l’écosystème de développement de médicaments cliniques en Chine évolue vers des thérapies innovantes, les essais cliniques dans le domaine de l’oncologie se multiplient».

De plus, compte tenu de l’incidence élevée du cancer en Chine, l’oncologie restera un choix de domaine thérapeutique incontesté pour la conclusion de contrats.

Pour Sasmitha Sahu, «alors que l’immuno-oncologie devrait rester l’une des tendances les plus marquantes de l’industrie biopharmaceutique en 2021, on s’attend à ce que de plus en plus d’entreprises profitent de cette opportunité pour former des collaborations stratégiques avec leurs homologues chinois».