Une ligne de chemin de fer va relier la Chine et le Népal à travers l’Himalaya, a annoncé l’agence de presse Xinhua, lors d’une visite en Chine du Premier ministre népalais, K.P. Sharma Oli.

Katmandou tente de resserrer ses liens avec son voisin chinois, dans le but d’attirer les investissements chinois dans leurs infrastructures et un meilleur approvisionnement en énergie. Intégrant l’initiative « La Ceinture et la Route », le pays himalayen est enclavé entre l’Inde et la Chine, devenant alors le terrain d’une lutte d’influence entre les deux puissances.

La présence diplomatique et économique grandissante de la Chine depuis quelques années est mal vue par l’Inde, allié traditionnel du Népal. D’ailleurs, « la Chine et le Népal sont des voisins amicaux partageant heur et malheur », a indiqué le président Xi Jinping.

Ce dernier a souligné que « depuis l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et le Népal, les deux pays ont toujours mené une coopération mutuellement bénéfique sur la base des ‘cinq principes de la coexistence pacifique' ».

8 accords de 2,4 milliards de dollars

Pékin et Katmandou ont signé jeudi une dizaine de « documents de coopération » durant une visite officielle en Chine du Premier ministre népalais K.P. Sharma Oli, d’après la même source.

Selon les médias indiens, Chinois et Népalais avaient signé mercredi huit accords d’une valeur totale de 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) dans l’hydroélectrique, les ressources en eau, la culture des fruits ou encore l’agriculture.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a fait part à son homologue népalais de son espoir que les deux pays entament des négociations sur un accord de libre-échange « le plus vite possible », selon l’agence de presse, Xinhua.

Ce dernier a assuré la volonté de son gouvernement de travailler avec le Népal dans la construction d’un réseau de connectivité traversant l’Himalaya ainsi que plusieurs projets dans les ports de commerce, les chemins de fer, les autoroutes, l’aviation et les télécommunications.

Burang au Tibet à la frontière avec le Népal

Les deux pays devraient également approfondir leur coopération en matière de commerce, de capacité de production, d’investissement et de produits agricoles, afin de « développer leurs atouts respectifs ».

Du Tibet à Katmandou

Les accords ont été signés en présence du premier ministre chinois Li Keqiang et de son homologue népalais Khadga Prasad Sharma Oli au Grand palais du peuple à Beijing.

La nouvelle ligne reliera le port de commerce de Gyirong dans la ville de Xigaze, au Tibet, à la capitale népalaise, Katmandou, a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Kong Xuanyou lors d’un point de presse. Depuis 2014, plusieurs trains circulent déjà entre Xigaze et Lhassa, la capitale de la région autonome.

Aucun détail n’a été divulgué sur le calendrier ou le coût des travaux, qui pourrait s’avérer très coûteux, en raison du relief et de l’altitude de la ville de Shigatsé qui culmine à plus de 4 000 mètres.

«Au cours des deux dernières années, les relations sino-népalaises ont fait de nouveaux progrès. Le Népal entreprend une transformation politique et nous respectons votre choix de système social et de voie de développement, et nous soutenons le Népal dans la sauvegarde de sa souveraineté nationale, de son indépendance et de ses intérêts légitimes», a déclaré Li Keqiang durant la réunion. «Nous apprécions grandement l’adhésion du Népal à la politique d’une seule Chine», a-t-il ajouté.