La visite de Xi Jinping en Inde est principalement axé sur la consolidation des relations entre le « dragon chinois » et l' »éléphant indien » en matière de commerce et d’investissement. Mais surtout bâtir un partenariat de développement, en dépit des contentieux frontaliers.

Pour le président chinois, « la Chine et l’Inde, toutes deux des économies émergentes, sont des forces vitales dans un monde de plus en plus multipolaire ». Raison pour lesquelles le développement des relations bilatérales est « crucial » car « elles ne concernent pas seulement les relations bilatérales, mais aussi revêt une importance stratégique pour l’Asie et le monde entier« .

Des liens de toutes formes

Jeudi, le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi se sont accordés sur des investissements dans le secteur ferroviaire indien, sur la création de zones industrielles indiennes, et sur un rééquilibrage des échanges commerciaux entre les deux pays voisins.

« La Chine et l’Inde sont deux pays influents dans le monde. Lorsque nos deux nations parleront d’une seule voix, le monde entier écoutera attentivement« , a assuré Xi Jinping à Narendra Modi, lors de leurs discussions.

Cette voix représente près de 2,5 milliards d’habitants, et devrait avoir des répercussions auprès des pays en développement (BRICS) et de leurs voisins, comme le Tadjikistan, les Maldives et le Sri Lanka.

L’accord ferroviaire prévoit l’augmentation de la vitesse des trains indiens, la modernisation des gares et le développement de trains à grande vitesse dans le pays.

La ligne ferroviaire existante Chennai-Bangalore-Mysore sera renforcée et devrait supporter des programmes pour le transport de cargaisons lourdes.

Cet acheminement permettra pour Xi Jinping d’accroitre les mesures d’importation de médicaments et de produits agricoles indiens, qui se vendent en Chine, afin de rééquilibrer le commerce bilatéral.

Beijing et New Delhi vont créer deux zones industrielles dans les États indiens du Gujarat et du Maharashtra, afin de produire mutuellement des équipements de transmission électrique et des pièces automobiles respectivement, a expliqué le président chinois.

Narender-Modi-and-Xi-Jinping

De son côté, Narendra Modi a assuré que son pays voyait d’un « œil favorable la participation de la Chine dans le développement des infrastructures de son pays », notamment la production d’électricité et de chemins de fer.

Ce dernier espère lever les freins à ses exportations de médicaments et de produits manufacturés vers la Chine. Un voeu confirmé par le président chinois.

L’économie au cœur de la relation

Un parlementaire indien de la région de Ladakh (nord) a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, qu’environ 1.000 soldats chinois étaient passés mercredi 17 septembre du côté indien.

Cette situation est un moyen de pression pour Beijing sur New Delhi, après les accusations d’expansionnisme de Narendra Modi, qui a tout de même envoyé des renforts sur  place, selon la source de l’AFP.

Mettant de côté ce litige, les deux hommes se sont accordés pour organiser une consultation et gérer de « manière adéquate » les différends frontaliers entre les deux pays.

Alors que les troupes chinoises se retiraient, Xi jinping a assuré qu’en ce qui concerne « la question frontalière, les deux pays doivent continuer à mener des consultations amiables pour chercher une solution équitable et raisonnable qui puisse être acceptée par les deux parties ».

D’ailleurs, « tant que la question des frontières ne sera pas définitivement réglée, il nous faut parvenir conjointement à contrôler nos différends d’une manière appropriée et maintenir la paix et le calme dans les régions frontalières. Nous ne devons pas laisser le problème frontalier affecter nos relations bilatérales », a poursuivi le président chinois.

De son côté, le Premier ministre indien a indiqué que l’Inde souhaitait travailler avec la Chine, ajoutant que « la volonté indienne est de faire avancer les négociations et de trouver rapidement une solution ».

Pour clôturer cette rencontre, Xi Jinping a assuré au dirigeant indien que son pays était favorable à l’adhésion de l’Inde, comme membre à part entière, au sein  de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Beijing apportera d’ailleurs son soutien à l’Inde à cet égard.

La Chine espère ainsi obtenir un consensus avec l’Inde afin de construire conjointement une « Ceinture économique de la Route de la soie et la Route de la soie maritime du 21e siècle« , a annoncé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei.

Cette ceinture a pour objectif « d’approfondir la coopération réciproque avec les pays voisins et à promouvoir la prospérité et le développement communs ».