Le Premier ministre chinois Li Keqiang a envoyé le 23 mai un message de félicitations à Anthony Albanese pour sa prise de fonctions en tant que Premier ministre du gouvernement fédéral d’Australie.

Dans son message, Li Keqiang a affirmé que le développement sain et stable des relations entre la Chine et l’Australie répondait aux intérêts fondamentaux de leurs peuples et qu’il était aussi propice à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité dans la région d’Asie-Pacifique.

Ce courrier amorce un dégel des relations diplomatiques, après des mois d’absence de contacts officiels entre les deux pays. La Chine « est prête à travailler avec la partie australienne pour se pencher sur le passé et regarder vers l’avenir (…) pour promouvoir la croissance saine et constante de leur partenariat stratégique global », a déclaré le Premier ministre chinois.

« Dans les années 1970, le Parti travailliste australien a fait le bon choix en établissant des liens diplomatiques avec la Chine, ce qui a apporté des contributions majeures au développement des relations bilatérales », a ajouté Li Keqiang.

Cependant, les relations entre Pékin et Canberra sont au plus bas depuis 2020, suite aux demandes d’enquête sur l’origine du Covid-19 en Chine. L’Australie avait ensuite exclu le géant chinois Huawei du marché pour la construction de son réseau de télécommunications 5G.

La Chine est le plus gros partenaire commercial de l’Australie, lui permettant de riposter par des mesures de rétorsion visant plus d’une dizaine de produits australiens, dont le charbon, le boeuf, le vin et l’orge.

Les félicitations chinoises interviennent alors que Anthony Albanese, qui a pris ses fonctions le 23 mai, se trouve à Tokyo pour participer au sommet du Quad (Etats-Unis, Inde, Japon, Australie), une alliance dont la principale raison d’être est de contrer l’influence chinoise en Asie-Pacifique.

Dans sa première déclaration officielle sur la politique étrangère de son pays, Anthony Albanese a assuré que les relations sino-australiennes « resteront difficiles ». « C’est la Chine qui a changé, pas l’Australie, et l’Australie devra toujours rester fidèle à ses valeurs », a déclaré l’homme politique de 59 ans.

L’Australie a réitéré ses inquiétudes vis-à-vis de l’influence croissante de la Chine dans la région du Pacifique, notamment avec le récent accord de sécurité conclu entre la Chine et les îles Salomon.

Pour le vice-Premier ministre australien Richard Marles, la Chine est « notre plus grand partenaire commercial », mais elle « cherche à façonner le monde qui l’entoure d’une manière que nous n’avons jamais vue auparavant (…) comme en mer de Chine méridionale ».

« La concurrence stratégique s’intensifie dans notre région, dans le Pacifique », a-t-il ajouté, soulignant que le nouveau gouvernement allait « s’assurer que l’intérêt national de l’Australie est absolument clair ».

Cependant, la résiliation en 2021 par le gouvernement fédéral australien d’un accord signé par l’Etat de Victoria pour se joindre à l’Initiative le Ceinture et la Route, vaste projet international d’investissement, avait également envenimé les relations.

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L’Australie a aussi reproché à la Chine sa politique à l’égard de l’opposition pro-démocratie à Hong Kong et l’arrestation de deux citoyens australiens soupçonnés d’espionnage ou d’atteinte à la sécurité nationale.

La Chine a de son côté accusé les services de renseignement australiens d’avoir fait subir perquisitions et interrogatoires à quatre journalistes chinois. Toutefois, dans le cadre du 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Australie, cette année, le Premier ministre chinois, Li Keqiang a déclaré que la Chine « est disposée à collaborer avec la partie australienne pour passer en revue leur passé, se projeter dans l’avenir et défendre le principe du respect et des bénéfices mutuels, de manière à promouvoir la croissance saine et stable de leur partenariat stratégique global ».