« La Chine devrait adopter avec prudence les véhicules autonomes dans le transport de passagers », a déclaré le ministère des Transports dans un projet de règles visant à réglementer l’industrie de la conduite autonome.

Selon le projet de directive publié par le ministère des Transports, la Chine va encourager l’utilisation des véhicules autonomes, notamment des bus sans conducteur à l’intérieur de systèmes en circuit fermé de Transit rapide par bus (TRB), et permettre aux véhicules autonomes de proposer des services de robotaxis dans des scénarios simples et relativement contrôlables.

Les autorités ont lancé une consultation publique, qui durera jusqu’au 7 septembre, afin de recueillir les opinions et les réactions de la population sur ce projet. Car selon le ministère des Transports, « la gestion du transport avec des véhicules à conduite autonome devrait s’en tenir aux principes avec la sécurité comme priorité absolue ».

Il s’agit du premier projet de directive nationale sur l’utilisation des véhicules autonomes pour le transport public. L’objectif pour le gouvernement est d’accélérer la commercialisation à grande échelle de la technologie de la conduite autonome et pour encourager les autorités locales à formuler des mesures de gestion pertinentes.

«Ce projet de réglementation nationale sur les véhicules autonomes devrait permettre de mieux réguler l’ensemble du secteur, fournissant une référence et une orientation pour les autorités locales qui n’ont pas encore publié de directives similaires», a expliqué à l’agence de presse Xinhua, Zhang Xiang, un chercheur du Centre de recherche sur l’innovation du secteur automobile affilié à l’Université des technologies de Chine du Nord à Beijing.

La Chine s’est placée en tête dans la recherche et développement ainsi que dans l’application des technologies de conduite autonome. D’ailleurs, des gouvernements locaux ont instauré des mesures de soutien pour promouvoir la commercialisation de la technologie de la conduite autonome.

Pour Zhang Xiang, cette mesure permettra d’encourager les entreprises spécialisées dans la conduite autonome à effectuer des tests sur routes et des opérations commerciales de services de robotaxis dans plus de villes, accélérant l’utilisation commerciale à grande échelle des véhicules autonomes à travers l’ensemble de la Chine.

CONCURRENCE ENTRE LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS

La Chine et les États-Unis se sont engagés dans une course à la voiture autonome, tant dans le secteur des technologies de pointe qu’en matière de capteurs et de cartographie ou de réglementations. En dépit de cette concurrence acharbée, l’objectif principal des deux pays est de concilier développement et sécurité.

Des États américains ont autorisé des entreprises de camionnage à conduite autonome à opérer sans conducteur humain. En juin, Cruise LLC de General Motors Co. a reçu un permis pour facturer des trajets entièrement sans conducteur la nuit de 22 heures à 6 heures du matin à San Francisco. En mars, l’unité Alphabet Inc. et la société Waymo LCC ont commencé à envoyer des voitures sans aucun contrôle humain, également à San Francisco.

En Chine, Pékin, Shanghai et Shenzhen ont également autorisé les opérations de robotaxi par des sociétés telles que Baidu et Pony.ai dans des zones restreintes. Baidu a d’ailleurs annoncé avoir obtenu des permis pour exploiter les premiers services de robotaxi entièrement sans conducteur sur des routes ouvertes dans deux villes chinoises.

Le géant des moteurs de recherche a déclaré que les permis accordés par la municipalité de Chongqing (sud-ouest) et la ville centrale de Wuhan marquaient un « tournant » dans la politique chinoise en matière de conduite autonome.

Baidu est la première entreprise chinoise à obtenir de tels permis. Elle opérera de 9h à 17h dans une zone désignée de 13 kilomètres carrés (zone de cinq milles carrés) à Wuhan et de 9h30 à 16h30 dans une zone de 30 superficie d’un kilomètre carré à Chongqing, a indiqué le communiqué de presse de la société.

Les acteurs chinois rattrapent les précurseurs américains depuis que les autorités locales ont commencé à autoriser les tests sans conducteur en 2020. Plus d’une douzaine de villes en Chine ont mis en place des zones pilotes permettant aux entreprises de tester des véhicules autonomes sur la voie publique.

En juillet, Baidu et Pony.ai, un rival soutenu par Toyota Motor Corp., ont obtenu des autorisations pour faire payer les passagers pour leur service de robotaxi sans avoir à conduire des humains sur les routes publiques dans une zone de 60 kilomètres carrés à Pékin. Cependant, ils sont toujours tenus d’avoir une personne de sécurité à côté du siège du conducteur.

La société Baidu prévoit de doubler la taille de sa flotte de robotaxi en Chine à plus de 600 voitures au cours du trimestre octobre-décembre 2022. Des passagers sont facturés pour des voiture autonome dans cinq villes chinoises.