Par Rosie Pioth – C’est dans le cadre du renforcement de la coopération sino-congolaise dans le domaine de l’artisanat que la Chine a offert en 2018, des bourses de formation aux jeunes artisans Congolais pour une période de trois mois.

Hazann Mouanga, une jeune universitaire en géologie, a fait partie de douze jeunes artisans s’étant rendu en Chine pour apprendre les nouvelles techniques professionnelles dans la filière de broderie ajourée et par crochet dans les pays francophones.

Qui est-ce ?

Aujourd’hui, son nom n’est plus inconnu dans le monde de l’artisanat Congolais, particulièrement lorsque l’on parle de la tapisserie d’ameublement. Hazann Mouanga, géologue et biologiste de formation, est arrivée dans l’artisanat par manque de boulot. Au sortir de l’université Marien Ngouabi, et en l’absence des débouchés professionnels dans son secteur, elle se tourne vers l’artisanat. La passion aidant, elle s’investit de tout son cœur, se lance ainsi à 2015 et à la suite de sa première exposition axée sur des meubles faits à base des pneus recyclés, elle est parmi les lauréats retenus par le ministère des Petites et moyennes entreprises (PME), de l’artisanat et du secteur informel pour un apprentissage au pays du Soleil levant.

Expérience Chinoise

Hazann arrive pour la première fois en Chine pour un séjour de trois mois. Une période au cours de laquelle elle suivra une formation sur les nouvelles techniques de broderie ajourée et par crochet.

S’en suivra un second voyage de 50 jours cette fois pour approfondir certains modules comme le garnissage, la bijouterie, la perlerie, la décoration intérieure… En plein travail sur sa machine à coudre, Hazann avoue que ses séjours nippons lui ont « ouvert les yeux », en dehors du voyage qui a été trop long, ajoute-t-elle sur un petit rire.

«Tout ce que j’ai vu en Chine m’a permis de voir les choses différemment.  J’avoue que ces voyages en Chine ont été comme un déclic pour moi car ils m’ont permis de voir autrement mon travail», déclare-t-elle. «Tout ce que j’ai fait à ce jour est la résultante de ces voyages. J’ai pu réaliser sur place des modèles de lit que j’avais vu en Chine, la clientèle a apprécié, et surtout que ce sont des modèles uniques.»

Lors de ces formations, raconte-t-elle, elle a beaucoup échangé avec le chargé de formation, et avec qui elle a gardé de très bonnes relations mais avoue malheureusement, sur un air dépité, avoir perdu leurs coordonnées …

Collaboration avec la Chine

A la question de savoir si elle a gardé une collaboration avec la Chine, la jeune tapissière affirme que non. Toutefois, elle envisage cela et se prépare pour ce faire. En effet, Hazan veut améliorer sa façon de faire. Elle se prépare à suivre cette fois, de manière individuelle, une formation en architecture d’intérieur en Chine.

Pourriez-vous affirmer que votre séjour en Chine a contribué à faire de vous celle que vous êtes devenue ?

« Je répondrais sans hésiter oui ! ».  Pour Hazann Mouanga, il y a encore beaucoup à apprendre des Chinois. Elle compte se renseigner auprès de l’ambassade chinoise au Congo sur l’éventualité de nouer des partenariats privé-privé avec des chinois ; elle suggère même que des équipes chinoises peuvent faire le déplacement du Congo pour des formations en artisanat sur le long terme, ce qui serait l’idéal pour elle.

Quels sont vos débouchés actuels ?

Aujourd’hui, Hazann est très axée sur le détail lors de la réalisation de ces œuvres, car affirme-t-elle, ce sont ses finitions et ses diverses coupes qui font sa particularité et la différence d’avec les autres. A ce jour, sa clientèle est diversifiée et multiple car chez celle qui manie la scie, le marteau et la machine à coudre avec la même aisance, se trouve aussi la facilité de reproduction des modèles de la clientèle.  Et ses seuls débouchés sont et reste à ce jour la clientèle locale.

Dans son travail, Hazan dessine seule ses gabarits, chose difficile chez les garnisseurs.  Que ce soit les canapés, les fauteuils, ou encore les lits, tout meuble sorti du P’tit Coin déco d’HCS est réalisé avec la même précision dans le détail. Celle qui a l’ambition de révolutionner le regard de la société congolaise sur la présence des femmes dans les métiers de garnissage et autres métiers dits « d’hommes », rêve de former plusieurs jeunes filles dans son atelier.  A ce jour, elle ne compte que trois élèves permanents à qui elle apprend le métier, sans oublier des journaliers qui passent chaque jour à son atelier.