mardi, juillet 16

La Chine menace de se plaindre à l’OMC après les taxes de l’UE sur ses voitures électriques

Après l’annonce de l’Union européenne de vouloir surtaxer les véhicules électriques chinois, Pékin menace de porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Bruxelles a annoncé jusqu’à 28% de hausse des droits de douane européens sur les importations de véhicules électriques chinois. Or la Commission européenne veut éviter une guerre commerciale avec Pékin accusé d’avoir favorisé ses constructeurs.

La Chine contre-attaque

Pékin a annoncé le 13 juin qu’elle «se réserve le droit» de porter plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), après l’annonce par l’Union européenne de surtaxes sur les véhicules électriques chinois.

«La Chine se réserve le droit de déposer une plainte auprès de l’OMC et de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et les intérêts des entreprises chinoises», a déclaré He Yadong, porte-parole du ministère du Commerce, lors d’un point presse.

Bruxelles a annoncé le 12 juin jusqu’à 38% de droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois dans l’UE, alors que Pékin est accusé d’avoir favorisé ses constructeurs, via de larges subventions.

Les véhicules fabriqués dans les usines chinoises étaient jusqu’ici taxés à hauteur de 10% dans l’UE. Bruxelles prévoit d’ajouter des droits compensateurs de 17,4% au fabricant chinois BYD, 20% à Geely et 38,1% à SAIC, au terme de près de neuf mois d’enquête.

Pour les autres constructeurs ayant coopérer à l’enquête, un droit moyen de 21% devrait s’appliquer et pour celles n’ayant pas fait d’effort, le taux devrait être de 28%. Son montant diffèrera selon les niveaux de subventions publiques perçues.

La Chine redoute une «distorsion»

Bruxelles aura quatre mois, après l’institution de droits provisoires, pour imposer des droits définitifs, laisse une possibilité au dialogue jusqu’en novembre 2024. Pékin a assuré qu’une telle décision était dépourvue de tout «fondement factuel et légal».

«Cette mesure nuit non seulement aux droits et intérêts légaux de l’industrie chinoise des véhicules électriques (…) mais créera aussi une distorsion des chaînes de production et d’approvisionnement à travers le monde, y compris dans l’Union européenne», a affirmé He Yadong.

«Les actions de l’Union européenne sont soupçonnées de violer les règles de l’OMC et constituent un comportement protectionniste pur et simple», a-t-il ajouté. L’UE affirme se conformer aux règles de l’OMC avec ces taxes visant à freiner les importations de véhicules électriques chinois sans les bloquer totalement, contrairement à la politique menée par les Etats-Unis.

Le président Joe Biden a en effet annoncé le 14 mai une hausse des droits de douane sur les véhicules électriques chinois à 100%, contre 25% précédemment, transformant le marché américain en forteresse où règne Tesla.

Lire aussi : L’E va appliquer des droits de douane sur certains véhicules électriques chinois importés

Des modèles chinois de plus en plus présents

A la tête du secteur des moteurs essence et diesel, l’UE craint de voir ses usines disparaître si elle échoue à endiguer la déferlante annoncée des modèles chinois ayant déjà une longueur d’avance dans l’électrique.

En annonçant ces nouvelles taxes, Bruxelles tient à protéger une filière qui emploie 14,6 millions de salariés dans l’UE tout en évitant un conflit avec son deuxième partenaire économique derrière les États-Unis. Interrogé le 13 juin sur les contre-mesures que pourraient adopter la Chine en réaction, le ministère chinois du Commerce n’a pas donné de détails.

Mais Pékin a déjà annoncé en janvier 2024 une enquête visant toutes les eaux-de-vie de vin importées de l’Union européenne, dont le cognac. Le vin, les produits laitiers, le porc et les voitures à grosses cylindrées seraient aussi dans le viseur, selon les médias chinois.

La Chine a doublé le Japon en 2023 comme premier exportateur automobile. Elle a investi très tôt dans les batteries, cœur technologique des véhicules électriques dont elle a fait sa spécialité.

Selon l’institut Jato, les marques chinoises progressent vite en Europe grâce à des tarifs compétitifs. Elles y sont passées de moins de 2% du marché des voitures électriques fin 2021 à près de 8% fin 2023, profitant de l’interdiction des ventes de moteurs essence et diesel décidée par l’UE à l’horizon 2035 pour lutter contre le réchauffement climatique.

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