La Ville de Vancouver a présenté ses excuses le 22 avril pour ses politiques discriminatoires envers la communauté chinoise. Le maire Gregor Robertson s’est particulièrement excusé pour la ségrégation dans les espaces publics et pour la privation du droit de vote jusqu’en 1948.

Pour les médias chinois, «ce geste revient à reconnaître les erreurs figurant dans les anciennes lois, règlements et politiques appliquées par les précédentes municipalités envers cette communauté».

Gregor Robertson a réalisé des excuses en anglais et en chinois, lors d’une cérémonie organisée au Centre culturel du Chinatown de Vancouver. La Villes compte engager une demande de classement auprès de l’UNESCO pour faire du quartier chinois de la ville, un patrimoine mondial.

Un parcours de repentance

En 2006, le Premier ministre canadien de l’époque Stephen Harper avait présenté ses excuses devant le Parlement pour cette taxe d’entrée imposée aux immigrés chinois, annonçant une compensation de 20 000 dollars canadiens (environ 12 300 dollars €) pour les victimes ou leurs descendants.

En 2014, Vancouver avait lancé une initiative pour documenter la discrimination historique envers la communauté chinoise. Un rapport de 40 pages avait été remis au conseil municipal, suggérant de présenter des excuses officielles, afin d’améliorer les relations avec la communauté chinoise et de préserver ses biens culturels.

En 2016 et 2017, les autorités locales avaient créé un groupe consultatif, destiné à contribuer à la formulation d’excuses officielles, approuvées en novembre 2017 par le conseil municipal.

Une histoire douloureuse pour les chinois

Entre 1890 et 1952, la communauté chinoise de Vancouver a été victime d’une série de directives et de politiques discriminatoires. Ils ont également dû imposer une taxe d’entrée et étaient privés d’emplois publics et de droit de vote. A cela s’ajoute, des actes de ségrégation dans les écoles, les espaces publics, les habitations, les hôpitaux et également les cimetières.

Des milliers d’immigrés chinois sont arrivés au Canada dans les années 1880 pour participer à la construction d’un chemin de fer destiné à relier Vancouver à Montréal. Il est estimé à près de 1 000 immigrés chinois à avoir perdu la vie lors de la construction de la ligne Vancouver-Montréal.

A partir de 1885, le gouvernement fédéral leur imposa une taxe d’entrée de 50 dollars canadiens (aujourd’hui 41€), qui s’augmenta ensuite au début des années 1900.