Plusieurs ministres est-africains en charge des affaires régionales ont vanté les avantages de la Voie ferrée à écartement standard (SGR) construite au Kenya par la Chine. Un projet parmi d’autre qui ont convaincus les pays d’Afrique de l’ouest de développer leurs voies ferrées.

Lors du 14ème Sommet des Projets d’intégration du Couloir Nord, les ministres ont affirmé que cette nouvelle voie ferrée permet de réduire le coût du commerce dans la région, devenant le symbole des transformations économique, sociale et environnementale qu’un investissement de ce type peut apporter.

Le Couloir Nord est une route commerciale multimodale, qui relie les pays sans accès à la mer de la région des Grands Lacs au port maritime kényan de Mombasa. Cette nouvelle ligne, œuvre de la China Road and Bridge Corporation (CRBC), est un exploit technique, avec ses 472 kilomètres, avec 9 stations et 98 ponts édifiés en trois ans.

Le Standard Gauge Railway ou SGR (du nom de l’écartement standard des rails) avance à120 km/h, et pourra emmener 1 200 passagers en 4 heures seulement, depuis la capitale jusqu’à la côte.

Pour John Luk Jok, ministre des Transports et des Routes du Soudan du Sud, « au Kenya, nous avons vu une réussite bien réelle avec la SGR. Cela nous permet de mieux apprécier le potentiel des projets destinés à faciliter la circulation des personnes et des marchandises ».

L’amélioration du Couloir Nord progresse, mais la question financière du chantier « reste cependant un défi de taille », a souligné le ministre sud-soudanais. De son coté, Peter Munya, ministre kényan en charge de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et du Développement du Couloir Nord, a affirmé que la SGR a « permis de réduire les délais et les coûts de transport des marchandises, mais aussi de faire baisser la pression pesant sur les routes ».

Cette ligne ferroviaire va permettre aux producteurs d’installer des usines dans toutes les villes desservies par la voie ferrée, facilitant la décharge des matières premières ainsi que le chargement des produits finis.

La seconde phase de la construction de la SGR serait achevée en juin 2019, suscitant de nombreux espoirs. Sam Kutesa, ministre ougandais des Affaires étrangères, a appelé à plus d’efficacité dans la mise en place de projets économiques et commerciaux liés au Couloir Nord.

L’Afrique de l’Ouest souhaite l’aide de la Chine pour ses projets ferroviaires

Les ministres des Transports des Etats du G5 Sahel, de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et du Nigeria ont adopté une liste de projets ferroviaires de la sous-région ouest-africaine qu’ils vont soumettre à la Chine, lors du prochain sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) prévu en septembre à Beijing.

Chemin de fer à voie normale du Kenya fait par la Chine

La réunion a regroupé, sous la présidence du ministre nigérien des Transports, Mahamadou Karidio, ses homologues du Bénin, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, du Mali, de Mauritanie, du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Togo, en présence de représentants de l’UEMOA et du G5 Sahel.

Le gouvernement chinois est sollicité pour financer ces projets de développement des transports ferroviaires portés par la CEDEAO, l’UEMOA, le G5 Sahel et des Etats.

Aussi, « convaincus que le développement des infrastructures ferroviaires est capital pour la compétitivité des économies nationales et l’intégration des économies régionales« , et « conscients de la nature fragmentée, non intégrée et de la vétusté des infrastructures ferroviaires dans les Etats », les ministres ont estimé que le sommet du FOCAC est une opportunité pour le développement des économies africaines.

Le ministre nigérien des Transports, Mahamadou Karidio, a expliqué que « les budgets de ces Etats, pris individuellement, ne peuvent pas faire face aux colossales dépenses liées au financement de gros projets structurants, notamment dans le domaine du transport ferroviaire ».

D’autant plus qu’au cours de cette dernière décennie, ces Etats ont prévu plusieurs projets de réhabilitation et de construction de lignes de chemin de fer à cheval sur plusieurs tels que le projet de la Boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou et du Transsaharien Nouakchott-Bamako-Ouagadougou-Niamey-N’Djamena.