La hausse des prix du brut a profité au troisième trimestre aux géants chinois du secteur pétrolier, Sinopec et PetroChina, dont les bénéfices nets ont plus que triplé.

PetroChina, filiale du géant pétrolier étatique CNPC et premier producteur de brut de Chine, a vu son bénéfice net bondir de 348,5% sur un an, à 21,03 milliards de yuans (2,66 milliards d’euros).

La compagnie a profité d’une demande robuste et d’une croissance soutenue en Chine. Dans un communiqué, le groupe a expliqué avoir « saisi les opportunités favorables offertes par la hausse des prix du pétrole », les cours du baril ayant augmenté de 39% sur les trois premiers trimestres par rapport à la même période de l’an dernier.

Si la production de pétrole de PetroChina n’a progressé que de 0,5% sur les neuf premiers mois de l’année, à 663,3 millions de barils, la production de gaz naturel a augmenté de 4,8%.

De son côté, le groupe étatique pétrochimique Sinopec a annoncé un bénéfice net en hausse de 62,9% sur un an au troisième trimestre, à 18,38 milliards de yuans (2,3 milliards d’euros). Un résultat porté notamment par une très forte demande en gaz naturel en Chine (+18%) depuis le début de l’année. La demande de produits chimiques est par ailleurs restée à un niveau élevé en Chine, en particulier pour l’éthylène (+7,8%), permettant de maintenir des marges importantes, a expliqué Sinopec dans son communiqué.

Cependant, PetroChina admet devoir faire face à un environnement politique et économique « incertain » au niveau mondial. Entre la guerre commerciale sino-américaines, les tensions géopolitiques et les fluctuations du prix du baril, PetroChina reste prudent.

Ainsi, l’Iran, dont environ un quart de ses exportations de pétrole va vers la Chine, est en effet sous la menace de nouvelles sanctions américaines. En effet, Washington a fixé à début novembre la date butoir pour que l’ensemble des pays réduisent significativement ou cessent leurs importations de brut iranien, sous peine de représailles commerciales et financières.

Toutefois, Washington a autorisé ce 5 novembre huit pays, parmi lesquels la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et l’Italie, à continuer d’acheter temporairement du pétrole iranien malgré les sanctions américaines rétablies, a annoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

De son côté, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué que « nous continuerons encore et encore à prendre des mesures pour perturber leur activité. La pression maximale exercée par les Etats-Unis ne va faire que s’accroître à partir de maintenant, les entreprises à travers le monde doivent comprendre que nous mettrons en oeuvre les sanctions de manière stricte ».