Évincé par le président américain Donald Trump, l’ancien secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson s’est fait remarqué lors de sa tournée en Afrique, où il a vivement critiqué la relation sino-africaine. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré le 8 mars 2018 que les Etats-Unis n’avaient aucun droit de critiquer les relations entre la Chine et les pays africains.

Rencontre en septembre 2017 entre Wang Yi, ministre des affaires étrangères et Rex Tillerson, chef de la diplomatie américaine

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, a effectué une tournée en Afrique dans cinq pays: l’Éthiopie, Djibouti, le Kenya, le Tchad et le Nigeria.

Lors d’une conférence sur le thème les relations des États-Unis avec l’Afrique, le 6 mars, à l’université George Mason, à Fairfax en Virginie, Rex Tillerson s’est livré à une attaque virulente contre la Chine, assurant que le pays «(…) encourage la dépendance en s’appuyant sur des contrats opaques, des pratiques de prêts prédateurs et des accords corrompus qui poussent les nations à s’embourber dans l’endettement et qui nuisent à leur souveraineté, ne leur permettant pas d’atteindre une croissance autosuffisante à long terme».

Pour Sergeui Lavrov, «les mots de Rex Tillerson étaient inappropriés», d’après l’agence de presse officielle, New Ziana. «Je ne savais pas que Rex Tillerson était un spécialiste des relations sino-africaines. Mais je ne pense pas que ce soit vraiment approprié qu’il dise cela», a indiqué ce dernier.

Le chef de la diplomatie américaine n’apprécie par la position de la Chine en Afrique, qui est parvenu en une décennie à remplacer les Etats-Unis dans certains pays, dont l’Ethiopie, où une ligne ferroviaire a été inaugurée le 1er janvier 2018. Cette ligne relie l’Éthiopie à Djibouti et a été construite par deux sociétés chinoises, la China rail engineering corporation (CREC) et la China civil engineering construction corporation (CCECC).

Djibouti lié à l’Ethiopie par la Chine

Face à ces accusations Ali Youssouf, ministre des affaires Étrangères de Djibouti, en réagissant, a déclaré aux médias, dont le site Mirastnews, «qu’aucun pays ne peut se développer sans infrastructure solide. Et la Chine est, de ce point de vue, un très bon partenaire».

De son côté, le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères, Sibusio Moyo, qui accueillait son homologue russe, a tempéré : «l’Afrique choisit elle-même comment suivre sa propre voie, en termes de coopération économique avec n’importe quel pays de l’arène internationale».