Le hanfu signifie littéralement le « vêtement Han », qui est l’habit traditionnel porté par les Hans avant la dynastie Qing, aussi appelé hanzhuang.

Le hanfy est différent de la robe qipao et de la veste tangzhuang, d’origine mandchoue et introduits sous la dynastie Qing (1644-1912). Le qipao et le tangzhuang sont considérés comme les vêtements chinois typiques. D’ailleurs, le kimono japonais et le hanbok coréen sont à l’origine un dérivé du hanfu.

Le hanfu se fait une beauté

Zheng Qi, propriétaire d’un magasin de vêtements, a décidé de remettre le hanfu au goût du jour, à travers une série de photos de pose en dame de la cour de la dynastie Tang (618-907).

Ces photographies ont été publiées durant la fête du Printemps et la fête des Lanternes, créant le buzz sur internet. Certains clichés montrent une femme « en chair » refusant d’abord un bol de yuanxiao, les boulettes traditionnelles de riz glutineux farcies qu’on déguste ce jour-là. Sur la photo suivante, elle mange une boulette, avant de finalement les dévorer toutes.

Zheng Qi ne s’attendait pas à un tel succès : « je voulais juste que les gens s’amusent en postant des mêmes dérivés de mes photos ». Une autre série de photos dans le même style, a été publié dans lesquelles elle tient une hongbao, la célèbre enveloppe rouge du Nouvel An, dans ses mains avant la fête du Printemps.

Depuis 2013, Zheng Qi possède un magasin de hanfu. Pour stimuler les ventes de son magasin, elle a décidé de jouer les mannequins, avec des habits qu’elle vend, en grande taille pour femme.

Un habit de haut rang

Selon la tradition historique le légendaire Empereur Jaune Qin Shi Huangdi ou ses ministres auraient inventé le hanfu, et sa femme, Leizu, l’élevage du ver à soie. Ainsi l’histoire du hanfu est inséparable de celle de la soie.

Sous les Tang, la jupe monte jusqu’à la poitrine.

Le hanfu antique était porté par les hommes des classes supérieures de la dynastie Shang (-1600 à -1046). Il est constitué d’un yi, une tunique resserrée aux poignets allant jusqu’aux genoux et maintenue par une large ceinture. A cela d’ajoute un chang, qui est une étroite jupe allant jusqu’aux chevilles portée avec un bixi, pan de tissu atteignant les genoux.

Durant la dynastie Zhou (-1016 à -221), le hanfu prend des formes précises en fonction des occasions officielles, mettant ainsi l’accent sur les rites. Sous la dynastie Han (-206 à +220), le port du hanfu se généralise. Le terme hanfu apparait dans les textes de la dynastie Song (960-1279), il désigne le costume propre aux Han en tant qu’ethnie.

Durant les dynasties précédentes la dynastie Han (-206 à +220), différentes variantes du hanfu apparaissent, comme la jupe montant jusqu’au-dessus de la poitrine, typique de la mode féminine de la dynastie Tang (618-907).

Sous la dynastie Qing (1644-1912) fondée par les Mandchous, le port du hanfu est formellement interdit par l’empereur Jin Taizong, d’origine Jurchen, qui est le peuple Toungouse à l’origine des Mandchous. La natte est imposée en 1126 aux hommes Han tandis que les femmes doivent porter le qipao.

Un habit respecté mais boudé

Type de hanfu dit « taoïste ».

En 1914, le hanfu est redevient un habit de cérémonie par Yuan Shikai. Par la suite, l’intellectuel patriote Xia Zhenwu et l’artiste Zhang Daqian l’adoptent. Cependant, les chefs de file du Tongmenghui, société secrète et mouvement de résistance clandestin créé par Sun Yat-sen et Song Jiaoren, sont déterminés à s’inspirer de l’Occident. Le costume à l’occidentale va par la suite symboliser la Chine moderne.

Cependant, le hanfu ne disparu durant le XXIème siècle, il reste un habit religieux taoïste ou bouddhiste. D’ailleurs, durant la République populaire de Chine, un mouvement de résurgence du hanfu apparaît chez les personnes de moins de 50 ans, en rapport avec la recherche d’une identité culturelle, et avec parfois une pointe de nationalisme ou de chauvinisme Han.

La majorité des membres de ce mouvement portent le hanfu à l’occasion des fêtes traditionnelles, des commémorations historiques, ou d’une cérémonie han, et d’autres traditions anciennes qu’ils souhaitent ressusciter.