L’éditeur-libraire suédois d’origine chinoise Gui Minhai a avoué s’être mal conduit et a accusé son pays d’adoption, la Suède, de l’avoir manipulé comme un « pion aux échecs ».

Filmées, ces déclarations suscitent le doute de la part des autorités suédoises, des organisations de défense des droits de l’homme et de la communauté internationale. D’autant plus que personne ne sait si ces déclarations ont été prononcées sous la contrainte. La vidéo le montre entouré de deux policiers.

Gui Minhai commercialisait à Hong Kong des ouvrages contre les dirigeants du PCC. Arrêté par des policiers en civil le 20 janvier dans un train chinois l’emmenant à Beijing, pour consulter un médecin spécialiste suédois, il était alors accompagné de deux diplomates suédois.

Stockholm avait dénoncé une interpellation « brutale » et « contraire aux règles internationales fondamentales sur le soutien consulaire ». Le 7 février, le gouvernement chinois a confirmé détenir l’éditeur, qui disparaissait ainsi pour la seconde fois.

Gui Minhai a accusé la Suède de faire du « sensationnalisme » autour de son arrestation, dans une « interview » organisée le 9 février par les autorités avec des médias chinois sélectionnés.

Il ajoute avoir fait l’objet de pressions des autorités suédoises pour quitter la Chine malgré l’interdiction de quitter le territoire en raison d’affaires juridiques pendantes :

« J’ai refusé plusieurs fois. Mais parce qu’ils m’incitaient sans arrêt, je suis tombé dans le panneau. Rétrospectivement, je suis peut-être devenu le pion de la Suède dans un jeu d’échecs. J’ai violé la loi à leur instigation. Ma vie merveilleuse est ruinée et je ne ferai plus jamais confiance aux Suédois« .

Interrogé par l’Agence France Presse, le poète dissident Bei Ling, l’un de ses amis, a déclaré qu’il n’y avait « aucun doute » que l’éditeur avait voulu aller se faire soigner à l’étranger. Il a affirmé à propos de la vidéo qu’il ne fallait pas « croire les paroles de quelqu’un qui est opprimé comme un prisonnier? »