La Chine expérimente la reconnaissance faciale dans la lutte contre le coronavirus dans la ville de Ruili, ville frontalière de la Birmanie, qui a connu une recrudescence de cas de Covid-19.

Les autorités municipales de Ruili ont décidé d’utiliser des caméras de reconnaissance faciale, afin de surveiller les déplacements des habitants et d’éradiquer un petit foyer de Covid-19.

Les caméras de surveillance sont déjà présentes dans l’espace public en Chine, où les métropoles, telles que Shanghai, Beijing, Shenzhen, sont sûres et où les violences physiques contre les personnes sont peu fréquentes.

Or dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, les autorités ont décidé de se tourner vers les nouvelles technologies, entre les robots médecin, les bus autonomes et la généralisation depuis début 2020 d’applications mobiles de suivi des déplacements.

Jusqu’à aujourd’hui, les autorités locales et centrales n’avaient encore jamais fait état officiellement de l’utilisation de caméras de reconnaissance faciale spécifiquement destinées à lutter contre la propagation de l’épidémie.

Pourtant en mars 2021, à Beijing, un système développé par le géant chinois de l’internet Baidu peut contrôler les passagers de la gare Qinghe via des technologies de reconnaissance faciale et des capteurs infrarouge.

Ce système photographie automatiquement chaque visage, si la température d’un corps dépasse 37,3 degrés, l’alarme stridente se déclenche, entraînant un second contrôle (manuel).

Selon Baidu, son système peut contrôler plus de 200 personnes par minute. La société chinoise spécialisée en reconnaissance faciale, Megvii, a aussi développé en urgence un système similaire, expérimenté dans une station de métro à Beijing, selon l’AFP.

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Cependant, Ruili fait face à la persistance du Covid-19. La ville située à la frontière avec la Birmanie et où une soixantaine de malades locaux ont été détectés en une dizaine de jours, dont plusieurs porteurs du variant Delta.

Parmi ces cas de Covid-19 figurent de nombreux Birmans, qui sont parvenus en Chine en dépit de la fermeture théorique de la frontière. Cette situation inquiète les autorités chinoises car la Birmanie est un des pays au monde où l’épidémie a le plus accéléré ces dernières semaines.

De plus, la Birmanie est en proie à de graves troubles depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021. Cette crise politique pourrait pousser des milliards de Birmans à passer les frontières pour fuir les combats.

Or avec le nouveau dispositif, les autorités locales peuvent surveiller qui entre ou sort d’un quartier résidentiel, d’un supermarché, d’un marché et de toute autre zone très fréquentée de Ruili. Le visage de la personne sera alors scanné par une caméra, ont indiqué samedi les autorités.

Les données sont associées à un code QR unique, permettant de surveiller de façon automatique les déplacements d’une personne. Les appareils de reconnaissance faciale sont également capables de prendre la température des individus, selon la radio nationale CNR.

Ruili avait déjà été frappé par trois foyers, rapidement maîtrisés, depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Premier pays confronté au Covid-19 fin 2019, la Chine a quasiment éradiqué la maladie sur son sol depuis le printemps 2020. La vie est largement revenue à la normale.

Un succès obtenu grâce notamment aux dépistages massifs, aux confinements stricts ou au placement obligatoire en quarantaine de toutes les personnes en provenance de l’étranger.