«L’accord d’investissement Chine-UE est un accord équilibré, non pas un cadeau», a indiqué le 20 mai, un porte-parole de la Mission de Chine auprès de l’Union européenne.

Ce dernier a ainsi répondu à une question sur une résolution adoptée le même jour par le Parlement européen, qui a déclaré que toute considération ou discussion sur la ratification de cet accord serait gelée avant que la Chine ne lève ses sanctions sur dix individus et quatre entités européens.

En effet, les députés ont condamné les sanctions jugés «sans fondement et arbitraires» imposées par la Chine à des entités et individus européens. Raison pour laquelle, les négociations du Parlement sur la ratification de l’accord global sur les investissements (AGI) sont «à juste titre gelées».

Le Parlement européen a également salué l’inscription d’une entreprise et de quatre individus chinois sur la liste du régime mondial de sanctions de l’Union en matière de droits de l’homme. L’institution européenne veut un rééquilibrage des relations entre l’UE et la Chine.

Pour le porte-parole de la Mission de Chine auprès de l’Union européenne, «l’accord d’investissement Chine-UE est un accord équilibré qui profite aux deux parties. Il n’est pas un cadeau que l’un ferait à l’autre».

La Chine et l’Union européenne ont achevé leurs négociations sur cet accord le 30 décembre 2020, après 35 sessions de pourparlers. Beijing avait annoncé ces sanctions le 22 mars après que l’UE a imposé des sanctions unilatérales à l’encontre de personnes et entités chinoises le même jour, en invoquant les présumés problèmes liés aux droits de l’homme au Xinjiang en Chine.

«La décision de la Chine de prendre des contre-mesures est une réponse légitime aux sanctions unilatérales et confrontation de l’UE», a expliqué le porte-parole de la mission chinoise.

«La Chine a toujours la sincérité de promouvoir la coopération avec l’UE. Nous espérons que l’UE travaillera avec nous dans la même direction», a assuré ce dernier.

De son côté, Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré lors de la conférence de presse le 19 mai que les contre-mesures chinoises étaient nécessaires et répondaient aux sanctions de l’UE contre la Chine.

Ce dernier a exhorté l’UE à «réfléchir à cela, à renforcer la compréhension mutuelle par le dialogue et la communication, et à gérer correctement les différences».

La discussion est un geste visant à «nuire aux autres sans en tirer profit», a déclaré jeudi Cui Hongjian, directeur du Département des études européennes de l’Institut chinois des études internationales au Global Times.

Les sanctions de la Chine contre l’UE sur des questions de droits de l’homme dépassaient les attentes de l’UE et a eu des effets réels sur l’UE. «Le Parlement européen n’avait pas d’autre moyen, alors ils ont ‘kidnappé’ les négociations sur l’accord d’investissement pour menacer la Chine de lever les sanctions», a déclaré Cui Hongjian.

Concernant le vote de la résolution, «les résultats du vote masquent des divergences au sein du bloc concernant les choix contradictoires entre la maximisation des intérêts économiques et l’adoption d’une position idéologique dure à l’égard de la Chine», a déclaré Dong Chengxi, chercheur au Zhixin Investment Research Institute, basé à Shanghai.

Cette situation pèse surtout pour les États membres qui sont économiquement plus proches de la Chine, «les farces politiques ne deviendront en aucun cas des obstacles insurmontables lors de la poursuite de partenariats économiques plus solides», d’après ce dernier

Compte tenu de la division des opinions au sein du bloc, les experts chinois ont estimé que le gel ne serait pas accepté par les autres agences de l’UE et les États membres. « Il est maintenant temps pour l’UE de déterminer ce qui est vraiment bénéfique pour eux, car ils ont un besoin urgent de reprendre l’économie après la pandémie », a attesté Cui Hongjian.