L’Allemagne a envoyé le 2 août un bâtiment de guerre en mer de Chine méridionale pour la première fois en près de vingt ans. Berlin imite ainsi d’autres pays occidentaux, dont la France, qui ont renforcé leur présence militaire dans la région asiatique en raison des tensions croissantes sur les ambitions territoriales de la Chine.

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La France a envoyé ses frégates dans une zone près des côtes nippones, afin de participer à un exercice militaire conjoint avec le Japon et les États-Unis. Et dans le même temps, Paris a également dépêché un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire dans la mer de Chine méridionale.

«Elle a des territoires dans le sud du Pacifique, comme la Nouvelle-Calédonie, où elle fait stationner des milliers de soldats, des navires et des avions», a expliqué le journal japonais Nihon Keizai Shimbun.

La Chine revendique la souveraineté sur de larges zones de la mer de Chine méridionale, riche en pétrole et ressources naturelles. D’autres pays voisins de la Chine revendiquent aussi une partie de ces zones, dont la République de Chine (Taiwan), le Viêt Nam, les Philippines, la Malaisie et Brunei.

La Chine l’appelle la «mer du Sud», le Vietnam la «mer Orientale» et les Philippines la «mer des Philippines occidentales». Les îles concernées sont les îles Spratleys, les îles Paracels, les îles Pratas, le récif de Scarborough et le banc Macclesfield. Toutes inhabitées, elles sont occupées militairement, et sont d’origine corallienne.

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En signe de défiance à l’égard des ambitions de la Chine, la marine américaine envoie régulièrement des destroyers dans ces eaux pour des opérations de « liberté de navigation ». La Chine dénonce ses missions qui nuisent à la paix et la stabilité.

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Il s’agit de l’un des principaux points de tension entre les deux la Chine et les Etats-Unis, les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis ont fait de la lutte contre l’influence grandissante de la Chine leur priorité en matière de sécurité nationale et cherchent à rallier leurs partenaires.

Auparavant, des responsables à Berlin avaient déclaré que la marine allemande se contenterait d’utiliser les routes commerciales communes. Raison pour laquelle, la présence de frégate « Bayern » a étonné de nombreux observateurs. En effet, la frégate a traversé le détroit de Taiwan, comme le font souvent des destroyers de l’US Navy, provoquant la colère de la Chine à chaque passage.

Malgré tout, l’Allemagne a indiqué que la mission de la frégate était destinée à souligner son oppsoition aux revendications territoriales de la Chine dans la région. Berlin reste très mesurée, car le gouvernement allemand tient à conserver ses intérêts sécuritaires et ses intérêts économiques.

D’autant plus que la Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Allemagne – les exportations allemandes vers la Chine ont permis à la première économie européenne de compenser en partie l’impact de la crise sanitaire du coronavirus.

La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, s’est rendue au port de Wilhelmshaven pour le départ de la frégate pour une traversée de sept mois durant laquelle elle passera par l’Australie, le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam.

La frégate devrait traverser la mer de Chine méridionale courant décembre, une première pour un navire allemand depuis 2002. «Nous voulons que les lois existantes soient respectées, les routes maritimes navigables librement (…)», a déclaré Annegret Kramp-Karrenbauer.

Pour certains observateurs, le passage de la frégate allemande en mer de Chine méridionale montre la volonté de l’Allemagne d’intervenir dans un conflit diplomatique opposant les États-Unis et leurs alliés à la Chine. Une bonne nouvelle pour le Japon, selon le journal japonais Nihon Keizai Shimbun.