Le Foreign Investment Committee des États-Unis (CFIUS) agence gouvernementale américaine chargée d’enquêter sur des transactions impliquant des risques pour la sécurité nationale, a demandé à la société Beijing Kunlun Tech Co Ltd de vendre Grindr pour des raisons de protection des données.

Kunlun est l’une des plus grandes entreprises de téléphonie mobile de Chine, faisant partie d’un consortium de rachat ayant acquis la société de navigateur Internet norvégienne Opera Ltd pour 600 millions de dollars (528 M€) en 2016.

Fondée en 2008 par un diplômé de l’Université Zing Yahui de l’Université Tsinghua, Kunlun est également propriétaire du fournisseur de crédit à la consommation chinois Qudian Inc. et de Xianlai Huyu, société chinoise de jeux pour téléphones mobiles.

Concernant Grindr, elle lui appartient au spécialiste des jeux en ligne Beijing Kunlun Tech, filiale de Kunlun, qui avait payé 93 millions de dollars (81,2 M€) en 2016 pour en acquérir 60%, puis 152 millions de dollars (134 M€) en 2018 pour la totalité.

Des négociations en cours

Washington s’inquiète de l’application gay Grindr, car elle pourrait – selon les américains – servir à faire «chanter» ses utilisateurs.

D’ailleurs, le Wall Street Journal a assuré que la société «n’aurait pas d’autre choix que de partager des renseignements sur les utilisateurs de Grindr si le gouvernement chinois l’exigeait, pensent les responsables américains»

Raisons pour lesquelles l’administration américaine a demandé à la société chinoise de revendre l’application. De son côté, Kunlun a annoncé avoir entamé des discussions avec des représentants du gouvernement américain, afin de s’assurer de pouvoir continuer à posséder l’application, très populaire, de rencontres homosexuel, Grindr LLC.

« Nous sommes en pourparlers avec le CFIUS. Nous n’avons pas conclu d’accord avec le CFIUS au moment de l’annonce. Nous divulguerons tous les développements futurs », a déclaré Kunlun dans une brève déclaration à la China Securities and Exchange Commission.

Les transactions dans le collimateur

Kunlun a pris le contrôle de Grindr par le biais de deux transactions distinctes entre 2016 et 2018, sans avoir déposé une demande de révision du CFIUS. Cela explique en partie pourquoi l’agence américaine a décidé de se pencher sur ce dossier.

Le CFIUS n’a pas révélé de préoccupations spécifiques sur ce cas. Mais Washington contrôle de plus en plus la sécurité des informations personnelles des développeurs d’applications, en particulier lorsqu’elles impliquaient du personnel militaire ou du renseignement américain.

Sans oublier, la guerre commerciale dans laquelle sont pris les deux pays depuis le printemps 2018. Les récentes négociations avancent mais aucun accord de fin de conflit n’a été encore rédigé.

Pour s’inscrire sur Grindr, les utilisateurs doivent indiquer leur emplacement, leurs messages et, dans certains cas, même leur statut VIH, conformément à la politique de confidentialité.

Kunlun avait annoncé en août dernier qu’il se préparait à une introduction en bourse par Grindr. Mais à la suite de l’intervention du CFIUS, la société s’est tournée vers un processus de vente aux enchères de Grindr, car l’introduction en bourse aurait maintenu Grindr sous le contrôle de Kunlun plus longtemps, a précisé l’agence de presse, Reuters.