De l’agence de presse Xinhua – L’Université Johns Hopkins pilote et publie régulièrement des évaluations complètes de la sécurité et des capacités sanitaires à travers 195 pays du monde. Cette publication porte le nom d’Index de sécurité sanitaire mondiale (Global Health Security Index ou GHSI). Celui publié en novembre plaçait les Etats-Unis en tête du classement.

Plusieurs mois plus tard, alors que la pandémie de nouveau coronavirus ravageait le monde entier, le pays était de nouveau classé au premier rang. Alors que l’on y compte près d’un million d’infections et plus de 56.000 décès, les Etats-Unis constituent aujourd’hui l’épicentre mondial de la pandémie de COVID-19. Pourtant, ce résultat dans le classement du GHSI, alors impressionnant, semble se teinter aujourd’hui d’une amère ironie.

Lorsque la pandémie a éclaté, aucun pays à la surface de la Terre n’était mieux placé que les Etats-Unis pour lutter contre cette maladie mortelle.

En tant que seule superpuissance mondiale, les Etats-Unis abritent les sièges de nombreuses organisations médicales, scientifiques et professionnelles de premier plan et disposent de capacités et de ressources pratiquement sans équivalent à travers le monde pour faire face à une crise sanitaire.

Ce qu’il est plus important de noter encore, c’est que le pays ne s’est pas jeté les yeux bandés dans cette âpre lutte contre la pandémie.

Ses experts travaillant au siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève ont commencé à transmettre à Washington des informations y ayant trait dès novembre; Beijing a tenu régulièrement au courant Washington depuis les premiers jours de l’épidémie; les Etats-Unis ont enregistré leur premier cas confirmé en janvier, bien que les derniers éléments indiquent que l’épidémie ait pu commencer à se propager sur le sol américain plus tôt que ce qui avait d’abord été estimé.

Beaucoup, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, se demandent pourquoi les Etats-Unis, une nation qui aurait dû donner l’exemple en luttant contre l’épidémie, ont gâché la chance inouïe dont ils disposaient d’étouffer la propagation du virus dans l’œuf et de devenir ainsi le pays le moins touché par la pandémie.

Il ne semble pas y avoir de meilleure explication à leur attitude que l’arrogance.

C’est avec l’arrogance que l’administration américaine a semblé croire que la situation était « totalement sous contrôle » et qu’une épidémie majeure sur son propre sol était peu probable. Cet état d’esprit pourrait expliquer pourquoi le gouvernement fédéral américain a consacré autant d’énergie à balayer de la main la nocivité du virus dès le début.

Le New York Times a récemment rapporté qu’une douzaine de responsables fédéraux chargés de la maîtrise de l’épidémie s’étaient réunis jour après jour dans la salle de crise de la Maison-Blanche pour prononcer des interdictions d’entrée du territoire, mais qu’ils n’avaient consacré que cinq à dix minutes de discussion au sujet des tests, en fin de chaque réunion.

Avec l’arrogance, les décideurs de Washington ont préféré compter sur leur instinct souvent fragile plutôt que sur des conseils professionnels et scientifiques. Ils ont qualifié le ministre américain de la Santé et des Services sociaux, Alex Azar, d’« alarmiste », fermé les yeux sur les mesures de sécurité préconisées par les membres du conseil scientifique et promu des thérapies et des médicaments dont l’efficacité reste à confirmer.

Avec l’arrogance, ces idéologues refusent de reconnaître l’efficacité et la responsabilité du traitement de l’épidémie mis en place par la Chine et remettent constamment en question sa transparence parce qu’ils ne croient pas ou ne veulent pas que les autres pensent que la Chine puisse faire un meilleur travail que le « leader du monde libre ».

L’arrogance n’est qu’un symptôme de la paranoïa profondément ancrée dans l’esprit des dirigeants américains, contribuant à accroître les déficits de bon sens de Washington. Pour ces esprits égoïstes, les Etats-Unis représentent le Soleil du système solaire, autour duquel le monde entier devrait tourner.

Cependant, ils n’ont pas compris que la communauté internationale n’était pas un système solaire centré autour de l’Amérique, mais un écosystème dans lequel le bien-être d’un pays dépend de celui des autres et dans lequel incombe à chacun la responsabilité d’améliorer ce monde hautement interconnecté.

Bien que le slogan « America First » n’ait été érigé en doctrine officielle que lorsque Donald Trump est devenu président, les administrations précédentes l’avaient en fait pratiqué sans le dire pendant des années. En conséquence, le monde a payé un lourd tribut à l’aventurisme militaire de Washington à l’étranger et aux imprudentes crises douanières provoquées par les Etats-Unis.

Alors que la pandémie continue de sévir à travers le monde, un Washington autoritaire et réticent à assumer ses responsabilités ne pourrait que freiner les efforts mondiaux. Ceux-ci auraient pu en définitive combattre l’agent pathogène à une date bien antérieure et cette attitude américaine est donc nuisible aux intérêts communs au monde entier.

L’épidémie de nouveau coronavirus est un ennemi commun à l’humanité toute entière. Nul ne peut le vaincre seul à l’ère de la mondialisation.

Au lieu de se creuser la cervelle pour tenir les autres responsables, il est impératif que les politiciens à courte vue de Washington mettent leur ego de côté, affrontent ce défi sans précédent et se joignent aux autres pour endiguer la pandémie en respectant à la fois la science et le bon sens, ainsi qu’en faisant preuve de solidarité et de sens des responsabilités.