L’Australie participe à des exercices militaires avec l’Inde, le Japon et les États-Unis dans la mer de Chine méridionale, en guise de représailles contre la Chine, qui prévoit d’imposer de lourdes sanctions économiques à Canberra.

Par ces exercices, l’Australie met fin à sa neutralité. Après plus de 13 ans d’interruption, la marine australienne participe de nouveau à des exercices militaires avec les flottes américaines, japonaises et indiennes dans la mer de Chine méridionale.

Cette région de l’océan Pacifique est revendiquée par plusieurs pays comme le Vietnam et les Philippines mais surtout par la Chine. La Chine y a construit des bases militaires sur plusieurs îlots auparavant inhabités de cette zone et estime que la totalité de cette mer lui appartient.

Deux exercices militaires ont été réalisé Canberra. Le premier s’est tenu dans la mer de Chine méridionale où la frégate australienne Arunta a rejoint le destroyer américain John S. McCain et le navire de guerre japonais Kirisame pour une patrouille commune.

« S’entraîner avec nos alliés facilite les interactions et la coopération entre nos différentes armées. De plus, nous apportons une forme de stabilité dans la région en veillant à ce que la liberté de navigation soit bien respectée », a affirmé dans un communiqué, le capitaine australien, Troy Duggan.

Le second a eu lieu au début du mois de novembre. Une autre frégate australienne a rejoint des navires indiens, américains et japonais dans la baie du Bengal située dans l’océan Indien pour y mener un exercice similaire. D’autres entraînements sont encore prévus d’ici la fin du mois de novembre.

En pleine guerre économique avec les États-Unis et en conflit diplomatique avec l’Inde, la Chine n’apprécie par le rapprochement militaire et diplomatique de l’Australie avec ces deux pays. En réponse, la Chine a mis fin à ses importations de blé provenant d’Australie, causant une perte estimée à plus de 400 millions de dollars (360 M€) par an pour l’économie australienne.

La Chine a aussi prévu de stopper les importations de charbon, de cuivre, d’orge, de sucre ou encore de vin rouge australien. Cependant, ces mesures de rétorsion ont un effet inverse pour la Chine, car elles conduisent à rapprocher davantage Canberra de l’Inde.

En effet, New Delhi a décidé d’importer l’orge australien pour compenser la perte du marché chinois. Pour Yogesh Joshi, chercheur de l’université de Singapour, la politique extérieure agressive de la Chine ne fait que renforcer les liens entre ses pays voisins.

Ce dernier a indiqué au South China Morning Post que « la décennie passée, l’Australie et le Japon ne faisaient plus d’exercices militaires avec l’Inde de peur de contrarier Pékin. Ces deux États estiment maintenant que leur souveraineté est menacée par l’attitude de plus en plus musclée de la République populaire et n’ont plus peur de se fâcher avec le géant chinois ».

D’autres analystes estiment au contraire que les États-Unis et leurs alliés ont des objectifs trop différents pour qu’une véritable alliance militaire puisse « contenir » la Chine dans un futur proche.