Au début de l’année 2021, la République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé son intention d’évaluer les contrats miniers signés avec la Chine. 

Le secteur minier en RD Congo concentre les intérêts économiques chinois car 80% des exportations congolaises du secteur minier sont à destination de la Chine alors que, les entreprises minières chinoises sont aujourd’hui fortement dominantes (70 à 80 % du marché du cuivre et du cobalt) dans le pays, selon le service économique kinshasa de la France.

Cette omniprésence chinoise et les doutes de la société civile vis-à-vis des prêts et contrats miniers chinois ont poussé la présidence congolaise a annoncé un examen de son actionnariat dans une importante mine de cuivre et de cobalt du sud-est de la RDC.

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Une commission est créée. Elle est «chargée de clarification des données relatives aux ressources minières et d’évaluation de l’actionnariat de la Gécamines – dont l’Etat est l’unique actionnaire – dans le projet minier Tenke Fungurume Mining (TFM) SA», a indiqué le cabinet du président de RDC Félix Tshisekedi.

Tenke Fungurume Mining SA (TFM SA) est l’un des plus grands producteurs de cuivre et cobalt en République Démocratique du Congo et au monde. Ce projet offre une source de revenus vitale pour les communautés locales et le pays, mais des doutes persistent sur le contenu des contrats signés avec la Chine.

En 2006, la structure actionnariale de l’entreprise comprend Freeport McMoRan à 56%, Lundin Holdings à 24% et Gécamines à 20%. Dix ans plus tard, la China Molybdenum Co., Ltd (CMOC) a annoncé que sa filiale CMOC Limited a conclu un accord définitif avec Freeport-McMoRan Inc. portant sur l’acquisition de 100% de sa participation dans Freeport-McMoRan DRC Holdings Ltd., actionnaire majoritaire de Freeport dans la mine de cuivre et cobalt de Tenke Fungurume.

Or l’entreprise minière publique congolaise Gécamines détient quelque 20% de TFM, dont l’actionnaire principal est le groupe chinois China Molybdenum.   La commission créée par Kinshasa va «déterminer et évaluer la valeur des ressources minérales, des réserves minières prouvées et probables définies à ce jour par les travaux d’exploitation réalisés par TFM SA, afin de permettre à la Gécamines SA et, par ricochet, à l’Etat congolais, de rentrer équitablement dans ses droits».

«En cas de besoin ou obstacle à l’exercice» de sa mission, la commission pourra recourir « à tout autre moyen, notamment une expertise internationale et aux nouvelles technologies ».

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En mai dernier, en visite dans la ville minière de Kolwezi, Félix Tshisekedi avait annoncé son intention de renégocier les contrats miniers, notamment ceux conclus par son prédécesseur Joseph Kabila.

« Il n’est pas normal que ceux avec qui le pays a signé des contrats d’exploitation s’enrichissent pendant que nos populations demeurent pauvres », avait-il déclaré, ajoutant: « il est temps que le pays réajuste ses contrats avec les miniers pour sceller des partenariats gagnant-gagnant ».